Les droits des animaux sont-ils une question féministe ?

ATTENTION CONTENU SENSIBLE : Mentions de viols et de violences conjugales (chapitre 2).

Le véganisme est indéniablement une question de justice. C’est un but à atteindre, une utopie à réaliser.

Mais est-ce pour autant une question spécifiquement féministe ?
Le texte (en anglais) « 5 raisons pour lesquelles les droits des animaux sont une question féministe » écrit par Aph Ko pour le blog « Everyday Feminism » (blog que je recommande fortement si vous êtes anglophone) et traduit ici-même affirme que c’est le cas.

Pourtant, les arguments avancés par ce texte sont au mieux maladroits et sans lien fort et logique avec le féminisme ou au pire abusifs.

Ce texte n’a pas pour but de dénigrer les écrits d’Aph Ko qui écrit des textes particulièrement pertinents par ailleurs, car il y a des éléments tout à fait valables dans son texte. Prenons les choses dans l’ordre :

1. La réification (chosification) des animaux.

Le texte d’Aph Ko commence par une partie très juste expliquant la réification des corps des femmes d’abord et celle des animaux ensuite. Seulement, le lien entre ce fait et le féminisme est loin d’être évident.

Certes, la réification touche les femmes, tout comme il touche les vaches, les chevaux, les taureaux, les poules etc. mais non seulement ça n’explique pas pourquoi cet aspect devrait nécessairement avoir un lien spontané avec le féminisme mais aussi, la réification des corps touche aussi d’autre catégories dominées et opprimées telles que les enfants, dont il sera question par la suite ou encore les racisé-e-s, surtout les personnes racisées de genre minorisé (Lexique ici).

Les vaches, chevaux, poules, cochons et autres moutons sont effectivement réduits à l’état d’objet dans la société spéciste et réduit à l’état de nourriture dans la pensée carniste. D’ailleurs, puisqu’Aph Ko a évoqué cette piste, il est étonnant de ne pas voir dans ses arguments celui concernant, par exemple, les publicités qui rapprochent le corps des femmes avec la viande, quitte à toucher le fond :

Pub machiste et speciste

Cette affiche a été créée dans le cadre d’une publicité pour un restaurant. Image trouvée sur la page facebook : « Je suis une pub spéciste »

La piste féministe aurait été bien plus compréhensible avec ce point particulier où spécisme et misogynie se rencontrent.
Pour autant, les arguments avancés là se concentrent sur des aspects qui pourraient très bien se suffire à eux-même d’une part mais aussi être valables pour l’oppression âgiste qui réduit les enfants à des êtres vulnérables, incapables de prendre des décisions pour eux-mêmes, soumis à l’autorité quitte à leur faire subir ce que l’on ne ferait jamais subir à des personnes adultes, considérées comme « égales » à nous-mêmes.

Ce qui s’applique parfaitement dans les propos suivants :

En d’autres mots, puisque les animaux ne peuvent se défendre, nous donner ou refuser leur consentement, ou s’organiser en opposition, nous, en tant qu’humains, pensons que nous sommes libres de leur faire ce qu’il nous plaît, généralement sous couvert de « protection » de leurs intérêts.

Les droits des animaux sont-ils une question d’anti-âgisme pour autant ? C’est fort peu probable. Pour faire simple, le fait que l’on ait plus de facilité à s’attendrir du sort de bébé animaux ne rend pas le spécisme profondément âgiste pour autant, de la même façon que la réification des corps des animaux et de ceux des femmes ne rend pas le spécisme spécifiquement misogyne.

De plus, il semble que le fait même de poser la question en ces termes réduit les champs de réflexion sur le sujet des liens entre misogynie et spécisme, qui existent par ailleurs, sur des terrains différents, il a été question des publicités plus tôt dans ce texte mais on pourrait aussi parler de l’image de virilité attachée à la « viande rouge ».

Les "vrais" hommes de goût mangent de la viande rouge, c'est bien connu !

Les « vrais » hommes de goût mangent de la viande rouge, c’est bien connu !

Il en est ainsi du rapprochement entre féminisme et droits des animaux : S’il y a des points communs entre ces deux rapports de domination que sont le spécisme et le patriarcat, il y a aussi des différences fondamentales que l’on ne peut ignorer. On ne peut se contenter d’analyses simplistes et d’arguments forçant l’inclusion dans les analyses féministes de problématiques qui n’ont rien à voir avec les sujets concernés et ainsi rapprochés.

En réalité, la chosification et l’exploitation des vies et des corps des animaux devrait faire l’objet d’une attention particulière de la part des féministes vu que le féminisme consiste avant tout à se battre contre la manière dont le patriarcat rejette les intérêts et la subjectivité de certains au bénéfice d’êtres arbitrairement désignés comme étant « supérieurs ».

Cet argument est aussi utilisé tel quel pour rapprocher antispécisme et antiracisme. Remplacez juste « patriarcat » par « racisme ». C’est bien qu’il y a des éléments à trouver dans le principe même des rapports de domination en tant que tels et pas uniquement d’un point de vue spécifiquement féministe.

En soi, cet argument n’est donc pas faux mais il mérite tout de même d’être développé et argumenté avec des éléments prenant en compte la spécificité du spécisme de façon à rendre accessible la lutte pour la libération animale et de faire en sorte qu’elle devienne évidente en tant que telle pour tout le monde et pas uniquement pour les féministes au lieu de piocher sans nuance aucune dans les oppression inter-humaines.

La plupart des arguments posés dans ce texte se suffisent à eux-mêmes et peuvent se passer d’appels au féminisme qui manquent cruellement de pertinence. Par exemple celui-ci :

Les corps des animaux non-humains sont réduits à des objets de chair (littéralement) qui peuvent être consommés, ou utilisés dans des projets scientifiques douloureux ou immoraux.

Les corps des animaux sont vus comme « moins que rien ». Ils ne sont pas culturellement vus comme des êtres indépendants expérimentant la douleur, le plaisir, et une série d’émotions, et qui existent en réseaux sociaux. À cause de cela, les animaux endurent des systèmes horribles de violence qui souvent ne sont même pas remis en question.

Être chosifié explique pourquoi tant d’industries utilisent des souris, singes, cochons, lapins, et autres animaux non-humains dans d’horribles tests scientifiques, car nous sommes conditionnés à n’avoir aucune considération pour eux. Cela explique pourquoi les animaux non-humains ont enduré des conditions difficiles dans l’industrie du divertissement comme Sea World ou même les singes dans les films et publicités, pour que les humains puissent en rire.

Pourquoi vouloir impérativement coller cet argument au féminisme ? Il y a déjà de quoi faire avec ce seul sujet. Il y a des développements à faire (qui ont parfois été fait par ailleurs) à propos de :

  • l’exploitation d’êtres vivants enfermés et maltraités pour le divertissement et le tourisme : les cirques, les parcs aquatiques, les zoos… ;

  • l’expérimentation sur les singes, les lapins, les souris ;

  • la complaisance de l’industrie cinématographique et surtout de l’AHA (American Humane Association) concernant les mauvais traitements envers les animaux : combien d’animaux ont été blessés parfois gravement ou tués dans des films Étasuniens, et même des films à gros budget mais qui réussissent tout de même à obtenir la mention : « aucun animal n’a été blessé ou tué durant le tournage de ce film » ?
    L’exploitation et la façon dont sont traités ces mêmes animaux pourrait aussi faire objet d’analyses poussées.

Puisque ce lien n’appartient pas qu’au féminisme et touche d’autres systèmes de domination comme le racisme (le divertissement pour dominant-e ayant utilisé les corps des noir-e-s à cet effet, créant le stéréotype du noir toujours de bonne humeur, souriant, ayant le rythme dans la peau, sachant forcément danser, etc.), pourquoi alors ne pas en parler pour ne réduire qu’au seul sujet féministe ?

Pourquoi, qui plus est ne pas approfondir vraiment la réflexion en ajoutant des éléments qui posent véritablement problème d’un point de vue féministe ET antispéciste ?
Exemple : Les stéréotypes sur le lien entre viande rouge et virilité, l’anthropomorphisation (le fait d’« humaniser ») de certains animaux mâles (les lions, les taureaux, les étalons) pour appuyer cette même virilité agressive par ailleurs, le souci pointé plus haut de l’assimilation des femmes à de la viande, etc.

Attention

« Attention au chien ! »  » Attention au trouduc avec dessoucis de masculinité ! »

2. La culture du viol et les violences domestiques

Dans les chapitres qui suivent concernant les violences, un premier élément pose problème, mais c’est loin d’être le plus important : il y a une simplification basée sur le principe de mettre toutes les espèces animales dans un même sac sans prendre en compte certains particularités : Non seulement il n’y a qu’une infime partie des espèces animales qui subissent des traitements différenciés selon leur genre et ça ne concerne que celles utilisés dans les élevages qui le nécessitent.

Ceci étant dit, il y a des problèmes bien plus graves dans les deux parties concernant les violences : l’utilisation réductrice et très légère de mentions de viols et de violences conjugales.
Je suis de celles qui pensent que parler de « viols » pour les vaches est un anthropomorphisme inutilement provocateur n’apportant rien au problème soulevé.

Comme pour les comparaisons avec l’esclavage et la Shoah, ces rapprochement relèvent essentiellement d’une forte volonté de choquer par l’utilisation de mots forts, lourds de sens (tellement que même pour les violeurs, le mot « viol » n’est jamais utilisé ou presque…) mais, paradoxalement, de façon extrêmement légère, vide de sens ou du moins vidé de son sens premier et politique pour être rempli de seules impressions désagréables, uniquement pour dire que « c’est pas bien ».

C’est aussi une façon de forcer les féministes à se sentir proches de leur « sœurs vaches, poules, truies, juments… » par l’utilisation de concepts qu’elles connaissent, qui les touchent tout particulièrement dans une formidable démonstration anthropomorphisme cissexiste, les femmes étant réduites à un vagin (puisqu’il s’agit de comparer une insémination forcée à un viol).

Je n'ai rien trouvé de "soft" pour illustrer alors voilà cette jolie vache.

Je n’ai rien trouvé de « soft » pour illustrer alors voilà cette jolie vache.

Dans le texte ci traité, le concept de « culture du viol » n’est pas expliqué en plus d’être très mal utilisé.
La culture du viol, ce n’est pas seulement enfoncer quelque chose dans des vagins et des anus non-consentants.

La culture du viol, c’est toute une pensée qui enseigne aux personnes assignées femmes qu’elles peuvent être violées mais qui n’apprennent pas aux personnes assignées hommes à ne pas violer.
La culture du viol décrit les mécanismes qui expliquent pourquoi on se mettra donc plus volontiers du côté du violeur que de celui de sa victime alors qu’au delà des misogynes les plus violents, rares sont les personnes qui diront que le viol est quelque chose de souhaitable.
La culture du viol, c’est donc condamner le viol publiquement mais – comme 24% des français – estimer que la victime l’a mérité si elle n’était pas habillé « comme il faut » et jeter un regard suspicieux sur toutes les victimes qui dénoncent leur violeur. Les questions du type : « Comment étais-tu habillé-e ? », « Est-ce que tu as bu ? », « Est-ce que tu étais seul-e la nuit dans un endroit où tu ne devais pas être ? », etc. mettent la victime de viol dans la position de coupable du crime qu’elle a subi.
La culture du viol hiérarchise les « vraies » et « bonnes » victimes de viols et qui traite les coupables de viols comme des espèces du justiciers, de gardiens de l’ordre établi qui punissent les personnes qui osent sortir des cadres étriqués dans lesquelles les personnes assignées femmes sont enfermées depuis leur plus jeune âge.

Qui dit à une vache : « tu as mérité de te faire inséminer à force de te balader le troufion à l’air libre ! » ?
A-t-on déjà entendu dire à une jument que la couleur de sa robe était un « pousse-au-viol » ?

Au passage, la culture du viol est fondamentalement raciste : on doutera un peu moins de la parole d’une victime blanche violée par un racisé et ce dernier sera beaucoup plus facilement condamné qu’un violeur blanc et/ou fortuné.

racisme et viols

En plus de tout ceci, le principe d’utiliser le concept de viols à tort et à travers revient à se montrer insensible face à des personnes qui en ont subi et qui pourraient très mal vivre ce rapprochement entre viol et insémination forcée. Or, si l’on ignore ce que ressentent les vaches, les juments inséminées, on est tout à fait capables de savoir ce que ressent la personne en face et qui se mange les concept de « viol des vaches » dans la figure. Et dans une société imprégnée jusqu’à la moelle de culture du viol niant les souffrance des survivant-e-s, il serait de bon ton de prendre le viol et ses victimes au sérieux avant d’utiliser ce terme uniquement pour « marquer les esprits » sans aucune réflexion derrière (tout comme pour les autres comparaisons indignes d’ailleurs).

Il semble donc qu’instrumentaliser le concept de culture du viol de façon aussi peu sérieuse dans le but d’appâter les féministes peut se révéler plus contre-productif qu’autre chose.

Pour finir, le texte de L’Elfe pour Les Questions Composent sur ce sujet précis explique très bien le problème :

« La condition des vaches et autres animaux utilisés pour produire me semblait bien assez misérables pour devenir véganes, sans qu’on ait besoin d’ajouter le viol ».

Les Questions Composent, « Les viol des vaches laitières »

Vient ensuite la question des violences conjugales qui pose aussi de sérieux problèmes essentiellement liés a des amalgames souvent peu compréhensibles.

La corrélation entre la violence envers les femmes et enfants, et la violence envers les animaux non-humains, démontre la manière dont le patriarcat heurte ceux d’entre nous qui sommes minorisés et bien souvent sans défense.

Qu’il existe une corrélation entre la cruauté envers les humains et un passé de tortionnaire envers les chats, mouches, papillons ou lézards durant l’enfance peut se comprendre mais de là à en faire une question spécifiquement féministe semble plus hasardeux et donne des propos à la limite du compréhensible : « À cause de cette forte corrélation entre la violence envers les femmes, et la violence envers les animaux non-humains, la plupart des états ont instauré des peines criminelles pour cruauté animale ».

Quel est le lien ? Quelle est la raison pour la protection de ces animaux ? Est-ce parce que si l’on bat sa femme, on bat forcément Médor ? Ou l’inverse ? Confond-on la corrélation et la causalité ? Pourquoi faire dépendre le sort de ces êtres à celui des femmes ?
D’ailleurs, il est gênant dans un article pareil de ne parler que du sort des femmes qui rechignent à quitter un foyer violent par peur pour son animal favori sans parler du même phénomène chez les personnes qui restent au foyer pour protéger leurs enfants.

Le sujet des violences conjugales et des violences envers les animaux domestiques devrait faire l’objet de réflexions plus approfondies et moins prises à la légère. Si des liens de cause à effet existent, il doivent être étudiés. Or, ce qui est pris ici pour un lien de cause à effet n’est qu’un lien de corrélation (deux événements arrivent au même moment mais ce n’est pas pour autant que l’un entraîne l’autre). Prenez le temps d’y penser.

3. L’intersectionnalité mal digérée

Voilà un autre problème majeur de ce texte : L’intersectionnalité est ici perçue comme un simple empilement d’oppressions et je suis en désaccord total avec certains points soulevés dans la partie qui développe la vision de l’intersectionnalité d’Aph Ko.

Pour commencer, les phrases du type : « même les animaux sont mieux traités que les femmes ! » ou encore « un chien aurait eu plus de respect que Mike Brown ! » ne sont pas fausses.

Et s’il doit y avoir des désaccords avec des éléments de ces affirmations, c’est avec l’aspect absolu et non-nuancé de la première :

  • D’un point de vue liant spécisme et patriarcat : de quels animaux parle-t-on ? Dans quelles circonstances ?
    Peut-on vraiment affirmer avec aplomb que les poules enfermées dans des cages grande comme une feuille format A4 sont mieux traitées que toutes les femmes du monde ?

  • D’un point de vue intersectionnel et d’un point de vue féministe décentralisé : De quelles femmes parle-ton ? Les femmes sont-elles toutes traitées de la même façon ? N’oublie-t-on pas un peu vite que les femmes cis sont infiniment mieux traitées que les femmes trans, que les personnes non-binaires, que les personnes au genre fluide ?

Bien d’autres questions et problématiques sont soulevées par ce seul slogan, notamment le fait que ce genre de comparaisons entre le sort des animaux et celui des groupes opprimés soit si facile et courant.

De plus, si les oppressions spécistes et inter-humaines peuvent se recouper, c’est justement sur la base du genre de hiérarchisation qu’Aph Ko refuse de voir et de prendre en compte.

L’exemple des affaires Étasuniennes récentes impliquant deux enfants, Isiah Gregg et Lane Graves et d’un côté un gorille, de l’autre un alligator et surtout la façon profondément raciste ET spéciste dont ces deux affaires ont été traitées démontrent que l’on ne peut nier qu’il y a une nette différence de traitement entre racisé-e-s et blanc-he-s, entre racisé-e-s et animaux et même entre une espèce animale et une autre. Les réflexions antispécistes ne peuvent faire l’impasse sur ce genre de problématique.

Quand le gorille Harambe fut tué à Cincinnati et que la polémique entourant sa mort a éclaté, les messages de haine et autres menaces de mort envers les parents d’Isiah, en commençant par Michelle Gregg, la mère avant que l’on s’attaque au père, Deonne Dickerson qui s’avèrent être noir-e-s, ont fusé : Lui était un criminel ex-taulard donc forcément mauvais père et Michelle Gregg était forcément une « profiteuse d’allocs » avec ses 4 enfants dont elle était, d’après ses détracteurices, incapable de s’occuper correctement.
Une pétition a même circulé réclamant #JusticePourHarambe et exigeant des contrôles de services sociaux à l’encontre des parents d’Isiah, évidemment défaillants, parce qu’à les croire, une minute d’inattention est déjà beaucoup inadmissible et beaucoup trop longue quand on est parent. Surtout quand on est noir-e.
N’oublions pas que le zoo a quand même vaguement d’été accusé d’être responsable d’une absence totale de sécurité qui aurait pu éviter à ce drame d’arriver (avec de vraies barrières par exemple) mais pas suffisamment pour laver la seule mère de toute responsabilité dans le drame. Elle n’avait qu’à surveiller son gamin après tout, paraît-il.
À tout ceci s’ajoute une indifférence totale quand à l’état d’Isiah. A-t-il été blessé ? Est-il traumatisé ? Se soucie-t-on seulement de la façon dont il vit tout ça actuellement ?

Près d’un mois plus tard, un enfant blanc, Lane Graves est mort tué à Disneyworld en Floride par un alligator sans nom entraînant le massacre d’au moins 5 alligators du lac où Lane est mort.
Et là, pas de hashtag, pas de messages de haine contre les parents du petit garçon, pas de pétitions exigeant qu’on retire leurs éventuels enfants à Matt et Melissa Graves, pas d’accusations de négligences envers ces parents qui auraient dû mieux surveiller leur unique petit, pas de fouille dans leur vie privée pour savoir si le père est un ancien criminel, pas d’accusations de faire des enfants pour les allocs, rien de tout ça.
En revanche, on n’oublie pas de pointer la responsabilité du parc concernant les négligences quant à la sécurité du lac où est mort Lane, contrairement au cas de Cincinnati où les défaillances sur ce point sont pourtant évidentes.
On n’oublie pas d’envoyer des lettres de soutien et non des menaces de mort aux parents du petit Lane.
On n’oublie pas qu’évidemment, ce sont des parents qui souffrent, qui ont eu peur en voyant leur enfant en danger, qui ont eu le cœur brisé quand l’alligator a attrapé Lane et l’a entraîné vers le fond du lac.
On n’a pas oublié que la première chose à faire envers eux, c’est d’avoir de la compassion. Compassion qui fut totalement interdite envers Michelle Gregg, Deonne Dickerson, Isiah Gregg et ses frères et sœurs.

À côté de ça, il y a une différence de traitement fondamentale concernant les morts des animaux concernées : Quand la mort de Harambe provoque une vague d’indignation, celle des cinq alligators assassinés ne fait lever aucun sourcil. D’ailleurs, si l’assaillant de Lane n’est pas parmi les 5 alligators tués, d’autres seront tués jusqu’à ce que le coupable soit trouvé.
On en revient à la question des animaux qui « méritent » que l’on s’en soucie, ceux qui sont assez « mignons », « fascinants » ou proches de nous d’une certaine façon pour que l’on s’en préoccupe. Un peu comme avec Cecil le lion. Et ceci est précisément un des aspects de base du spécisme.

specisme

Par conséquent, l’affirmation selon laquelle : « Déclarer que l’un de ces groupes est « mieux traité », qu’un autre revient à complètement passer à côté du fait que ces oppressions sont entrelacées et dépendent même l’une de l’autre », revient justement à passer à côté du fait que le spécisme se base sur ce genre de hiérarchisation entre les espèces, qu’il est parfois utilisé pour appuyer la suprématie blanche et que le racisme, la misogynie, les LGBTphobies servent de base à cette forme d’antispécisme, en plus d’être tout à fait fausse. De fait, cette affirmation montre à quel point il est facile d’oublier que les rapports oppressifs entre les groupes humains et l’oppression spéciste sont bien plus complexes qu’il n’y paraît.

Comme expliqué auparavant dans un autre article, certaines oppressions peuvent parfois se rejoindre et servir de renfort l’une pour l’autre mais on ne peut en aucun cas parler d’intersectionnalité incluant les vaches, chiens, coccinelles : iels ne subissent ni le racisme, ni le mépris de classe, ni le sexisme, ni la transphobie, etc., les noir-e-s, les arabes, les juifves, les Asiatiques de l’est ne subissent en aucun cas le spécisme.
Et quand bien même il y a des oppression venant d’humains envers les animaux qui s’apparentent à des oppressions subies par des humain-e-s, elles ne sauraient être parfaitement identiques et donc comparables à celles subies par les humains.

S’il y a des entrelacements d’oppressions chez les animaux (prenons les rapports genrés par exemple), ces entrelacements se feront toujours sur la base du spécisme, avec les particularités qui lui sont propres, de la même façon que les oppressions intersectionnelles se font systématiquement sur la base du genre et des races et classes sociales.
Pour rappel, l’intersectionnalité se vit. Ce n’est pas qu’un simple outil théorique sorti de nulle part et ne résidant que dans le monde des idées. De la même façon que l’on ne peut être victime de spécisme quand on est humain-e-s, on ne peut parler d’intersectionnalité pour les papillons, les ours, les gorilles et autres alligators.
Enfin, le texte qui est ici analysé tombe tout entier dans l’écueil qu’elle dénonce concernant l’intersectionnalité en réduisant la problématique des droits des animaux au seul féminisme quand le sujet est autrement plus vaste, plus complexe.

4. Des mensonges sur les animaux. Oui, et…

La dernière partie du texte d’Aph Ko retombe dans son travers principal souligné plus haut : il pourrait  parfaitement se passer de l’appel au féminisme pour faire passer son message.

Cette partie par exemple n’en a pas besoin pour être pertinente et compréhensible :

« […]on trouve ce genre de discours [qui rend la nature responsable des pires comportements] dans le cadre de la consommation d’animaux, qui naturalise d’horribles systèmes d’oppression. Beaucoup de personnes déclarent qu’« elles ne pourraient jamais se passer de viande » ou « qu’elles ne pourraient jamais devenir vegan car elles adorent trop le fromage ».

Bien que le fromage et les hamburgers puissent avoir très bon goût, ce genre de discours ignore la réalité systémique sur le fait que les animaux non-humains sont torturés, abattus pour que nous puissions les manger afin de satisfaire nos addictions à leur goût.

L’apathie envers la violence ne devrait jamais être encouragée dans tout mouvement de justice sociale.

Les discours culturels perpétuent des mythes et traditions. Par exemple, on entend souvent le discours commode que les bonnes protéines se trouvent seulement dans les corps des animaux malgré le fait qu’il existe d’aussi bonnes sources de protéines ailleurs.

N’oubliez pas également que le mythe déclarant que tuer un animal « humainement » est d’une certaine manière une meilleure chose que les conditions d’élevage industriel – un mythe étrange considérant que « humainement » et « tuer » vont dans la même phrase – et rappelez-vous que l’abus est également omniprésent dans les « petites exploitations fermières ».

Les discours nous permettent de nous sentir à l’aise avec des comportements problématiques. Ils nous permettent d’ignorer nos responsabilités par rapport aux choix que nous avons le pouvoir de faire. »

Le problème est ici qu’une réflexion globale sur les systèmes de domination est forcée d’entrer dans une réflexion spécifique qui n’est pas la sienne. Ici, le droit des animaux doit se coller à des réflexions féministes alors qu’il devrait s’agir de réflexions bien plus globales sur la justice sociale dont le féminisme fait intégralement partie et où il est loin d’être le seul.

Le féminisme et l’antispécisme sont des luttes qui peuvent et doivent se mener en parallèle, avec des grilles de lecture qui sont parfois communes. C’est d’ailleurs pour ça qu’il peut être plus facile pour des féministes de devenir véganes, puisque des réflexions sur les rapports de dominations ont déjà été menées. Mais plus facile ne veut pas dire systématique.

Pour autant, est-il vraiment nécessaire d’apporter des arguments qui soit n’ont aucun rapport spécifique avec le féminisme alors qu’il en existe d’autres plus pertinents et pire encore, de poser des arguments utilisant des concepts très mal digérés et – comble de l’ironie – dépolitisés, pour n’en faire que des questions de pure morale (la partie sur la culture du viol ne repose que sur la morale : « violer, c’est mal ») ?

Les droits des animaux ne sont pas une question féministe. Il serait réducteur de l’affirmer.

En revanche, il serait temps que les personnes et associations qui défendent les droits des animaux (au hasard : L214) se souviennent de leur côté que les réflexions féministes ne sont pas des questions secondaires.

On ne peut reléguer au second plan des sujets d’importance voire les balayer d’un revers de la main sous prétexte que ça n’est pas important ou que ce n’est pas la priorité.
Il est temps de se rendre compte que dénoncer l’absence de réflexions sur le patriarcat ou pire encore qu’aucune dénonciation de la misogynie de certains de leurs représentants, portes-parole et autres égéries (au hasard : Rémi Gaillard) ne sont en aucun cas une façon de détourner le sujet mais au contraire, une façon de montrer que piétiner une population au profit d’une cause, si progressiste soit-elle, ralentira voire fera régresser cette même cause.
Si le but est de s’adresser au plus grand nombre, autant le faire véritablement sans au passage piétiner des centaines de milliers de personnes.

Et c’est aussi valable pour le racisme, les LGBTphobies, le mépris de classe, le validisme (exclusion et discrimination envers les personnes en situation de handicap), la putophobie ou encore la grossophobie et l’âgisme.

Les droits des animaux sont une question de société, de respect, de justice.

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6 réflexions sur “Les droits des animaux sont-ils une question féministe ?

  1. Merci pour cet article. Je viens de sortir d’une discussion pénible à propos de Rémi Gaillard. Vous lire fait du bien, pas mal de choses auxquelles je n’avais pas pensé, c’est riche et ça donne matière à réflexion.
    Le passage sur Isiah Gregg et Lane Graves est particulièrement éloquent, et ça craint qu’en France justement les antispécistes classiques/majoritaires ne pensent pas ça, et ne sont qu’indifférents.

    En vous lisant, j’ai pensé à un texte de Dallas Rising « Happy Rape », dans lequel elle fait un parallèle justement entre le viol dont elle a été victime et l’insémination forcée des animaux. Je ne ferai jamais cette comparaison, bien sûr, et les raisons que vous exposez me semblent justes. Mais son témoignage et sa pensée sont intéressantes. C’est un peu comme Singer qui compare l’élevage aux camps de la mort : je pense que ceux qui ont vécu ces tragédies ont une légitimité à faire ces comparaisons (une partie des membres de la famille de Singer est morte dans les camps nazis). Là où ça me gêne c’est quand c’est repris par n’importe qui. C’est une nuance par rapport à votre article.
    Le texte de Dallas Rising se trouve dans un super livre : Defiant Daughters.
    Ce n’est pas le propos de l’article originel Aph Ko, mais les liens historiques entre animalisme et féminisme sont le sujet de travail de Carol J. Adams. La cause des animaux a été d’abord, et majoritairement, portée par des femmes (et aujourd’hui encore, j’ai lu qu’il y avait 80 % de femmes parmi les véganes -mais évidemment on parle à 90% des auteurs masculins comme Singer, Regan et Francione).
    Bonne soirée
    ps : Et je suis bien content que vous parliez de mépris de classe, de classisme (même si vous n’employez pas ce terme ici), ça aussi c’est un gros impensé du mouvement, en fait de toute la société.

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  2. Merci pour ces analyses critiques et la clarification de la notion d’intersectionnalité ! C’est souvent que les convergences qu’on souligne entre les oppressions semblent se limiter à des comparaisons…

    Il me semble qu’une chose intéressante à mettre en avant, au final, est la sorte de matrice idéologique commune qui tient à la distinction Humanité/Nature et qui aligne les individus selon leur position sociale d’un bout à l’autre d’une échelle des êtres, entre « humanisation » et « naturalisation » (les deux termes sont à questionner, évidemment !). Ce point a été détaillé par Jonathan Fernandez (juin 2015), « Spécisme, sexisme et racisme. Idéologie naturaliste et mécanismes discriminatoires », dans les Nouvelles Questions Féministes 34/1 (“Imbrication des rapports de pouvoir”) :
    « L’étude présentée dans cet article s’attache à faire le pont entre la critique radicale des rapports sociaux issue des analyses des féministes matérialistes et la question de notre rapport aux animaux. Autrement dit, elle questionne l’élargissement des réflexions égalitaristes à la catégorie des animaux. S’appuyant sur une enquête exploratoire effectuée par questionnaire en 2009, la recherche a pour but de comprendre si la discrimination sur la base du critère d’espèce, appelée spécisme, entretient des liens avec des formes de discriminations interhumaines, en l’occurrence le sexisme et le racisme. Les résultats des analyses statistiques mettent en évidence que le spécisme est une construction sociale qui fait système, en interaction avec les classes de sexe et de race, dont il partage les fondements idéologiques, notamment la naturalisation des catégories. La recherche montre également que le spécisme occupe une place essentielle dans les mécanismes discriminatoires en général. » L’étude de terrain met en évidene de très fortes corrélations entre opinions racistes et sexistes (le fait était déjà bien connu), mais aussi entre opinions racistes, sexistes et spécistes, corrélations qu’elle s’attache à analyser.
    On peut télécharger l’étude ici : https://www.fichier-pdf.fr/2015/09/01/j-fernandez-specisme-sexisme-et-racisme/ ou bien sur le blog de Christiane Bailey, féministe québecoise qui privilégie des analyses intersectionnelles (cf. http://christianebailey.com/ et http://christianebailey.com/jmfs/) : http://christianebailey.com/wp-content/uploads/2015/07/NQF_341_0051-Specisme-Racisme-Sexism-Ideologies-naturalistes-Jonathan-Fernandez-2015.pdf

    Est-ce que vous connaissez l’article intitulé « Et si l’humain valait l’homme ? Sexisme et spécisme : rapports d’un dominant », paru en 1999 dans le recueil « Nouvelles Approches des hommes et du masculin » (Presses Universitaires de Toulouse le Mirail).
 Il existe aussi en brochure, diffusée dans les milieux militants. Les analyses qui y sont développées conduisent à penser que les déterminants identitaires (les enjeux des dominations) jouent sans doute un rôle aussi important que les déterminants matériels (les enjeux des exploitations) dans le maintien de diverses oppressions. Le texte analyse le rôle de la consommation (carnée ou sexuelle, c’est selon) des corps des dominé-es dans la construction identitaire des dominants (humains ou hommes, c’est selon) et dans la symbolique des dominations (humaine ou masculine, c’est selon). La « convergence » des oppressions s’y trouve cristallisée dans la figure du dominant, où « homme » et « humain » (mais on pourrait aussi dire « adulte » ou « blanc ») ont tendance à se fondre en une seule identité à facettes multiples mais similaires. Cf. http://www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/brochure-sexspe%25cc%2581-cahier.pdf
    Des anglo-saxons (notamment, des Canadien-ne-s de Toronto) ont développé cette piste d’une identité de dominant fondée plus ou moins sur les dominations, à travers un certain nombre de travaux de psychologie sociale concernant une « structure caractérielle de dominance » (c’est ma traduction « libre » et de souvenir) : Kimberly Costello & Gordon Hodson (2010), « Exploring the roots of dehumanization: The role of animal–human similarity in promoting immigrant humanization », Group Processes & Intergroup Relations 13 ; G. Hodson, C. C. MacInnis & K. Costello (2013), « (Over)Valuing “Humanness” as an aggravator of intergroup prejudices and discrimination », in P. Bain, J. Vaes & J. P. Leyens (Eds.), Are we all human? Advances in understanding humanness and dehumanization, London: Psychology Press.

    Et sinon, il l y a aussi parmi les brochures militantes, deux autres textes qui tentent d’analyser les similarités dans les constructions identitaires :

    – Un article intitulé « Sale bête, sale nègre, sale gonzesse… Identités et dominations. Analyse du système des insultes », paru initialement dans les Cahiers antispécistes n°12, en avril 1995. Un texte qui analyse lui aussi, par le prisme des insultes, comment les identités d’homme, de blanc ou d’humain se fondent respectivement de façon similaire sur les dominations sexistes, racistes et spécistes. Cf. http://www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/brochure-insultes2.pdf

    – L’article « Pour un monde sans respect », publié par les Cahiers antispécistes en septembre 1994, est téléchargeable ici : http://www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/pour-un-monde-sans-respect.pdf
    « Dans un contexte de domination, tenir en respect et prendre en considération sont deux choses bien différentes, et l’on respecte généralement d’autant plus quelqu’un, que l’on veut d’autant moins le prendre en compte.
    […] Il vaut mieux, à mon avis, laisser l’usage exclusif [du terme respect] à tous ceux qui veulent continuer à asseoir leurs privilèges, ou encore, à tous ceux, dominants ou dominés, qui, pour toutes les bonnes raisons qu’on peut imaginer aspirent au maintien du statu-quo : ainsi sait-on sans ambiguïté de quoi l’on parle. Vouloir en finir avec les dominations, n’est-ce pas vouloir un monde sans respect ? »

    Enfin, l’article en quelque sorte inaugural de David Olivier, « Qu’est-ce que le spécisme ? » (paru en décembre 1992 dans les Cahiers antispécistes : http://www.cahiers-antispecistes.org/quest-ce-que-le-specisme/) existe lui aussi en brochure : http://www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/brochure-qs-2-aa.pdf
    C’est un article qui explore la notion d’espèce à l’aune de celle de race, et leurs naturalisations respectives ou conjointes, ainsi que le rôle de la naturalisation consistant à court-circuiter l’injonction morale, l’idée d’égalité. Un article qui montre aussi comment un antiracisme qui refuse de remettre en question le spécisme se retrouve pieds et poings liés en ne pouvant mener à terme la critique de la naturalisation (il en va de même, on le sait, avec toute critique de l’idéologie sexiste qui ne jette pas l’idée de nature aux orties – comme c’est généralement le cas lorsqu’on veut garder un cadre humaniste pour défendre l’idéologie spéciste).

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    • Il serait temps que je réponde à ce commentaire ! En tout cas merci, je vais me pencher en détail sur les références que vous me donnez et je reviendrai éventuellement ici si je trouve des choses à redire ou des compléments à donner.

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  3. Merci pour cet article. ❤

    Je suis actuellement en écriture de mon premier article « de fond » sur le véganisme, en réponse à une id femme animaliste et féministe qui est dans ma ville montée sur un piédestal.
    C’est cette personne qui m’a donnée la motivation de me mettre à écrire, et de faire des discours, en effet, malgré le fait que nous sommes toutes les deux féministes véganes, nos courants idéologiques sont à l’opposé l’un de l’autre.
    J’en ai assez que le féminisme et le véganisme toulousain soit sous la dictature de cette personne (elle dénigre et exclue des mouvements toute personne ne pendant pas comme elle, se montre très violente envers ces derniers, les menaçants même).
    Je souhaite donc écrire et faire des « discours » pour montrer qu’il ne faut pas avoir peut de cette personne, que l’on a le droit de penser différemment.
    Bref, je raconte ma vie. C’est la première ville dans laquelle je m’installe où je vois qu’une personne est sur un piédestal et qu’elle a un statut privilégié par rapport aux autres militant.e.s, cela me perturbe énormément.

    Tes différents articles m’aident énormément à construire le plan de ma rhétorique et à trouver de nouveaux arguments. Si je te cite, je mentionnerais ton blog.

    Merci encore et bonne continuation.

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  4. Bonjour ! J’ai partagé plusieurs fois cet article et là, je viens de lire un article que j’ai trouvé passionnant dans le version papier de la revue Ballast. Il est écrit par Christiane Bailey (qui a un blog) et Axelle Playoust et s’intitule « Féminisme et cause animale », et il me semble vraiment plus solide que ce que j’ai lu jusque là. Il établit un lien particulier entre le féminisme et la cause animale tout en soulignant clairement le fait que ce lien est historique et matériel (nombreux écrits de féministes végétariennes, forte féminisation de la cause animale notamment) mais que la domination spéciste s’inscrit dans un système d’alignement et de renforcement mutuel des différentes dominations, donc aussi racisme, validisme etc. Si jamais vous avez l’occasion de le lire, je trouve que vos articles se répondent bien 🙂 Bonne journée !

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