Qui a peur de l’antiracisme politique ?

Dans nos bouches à nous, militants de l’antiracisme politique, le concept de race ne renvoie pas du tout à une réalité biologique mais à une réalité sociale. Il ne s’agit pas de faire des classifications entre les ethnies mais de reconnaître que les mythes autour de la race, qui ont été produits par l’esclavage et la colonisation, ont eu des effets catastrophiques, destructeurs, dont on paie aujourd’hui encore le prix fort. Oui, il n’y a qu’une seule race, la race humaine, blabla mais là n’est pas la question. Comme l’a très bien résumé Colette Guillaumin : « la race n’est certes pas ce qu’on dit qu’elle est, mais elle est néanmoins la plus tangible, réelle brutale, des réalités. [2] » En d’autres termes, la science a beau avoir prouvé qu’il n’y avait pas de différence biologique fondamentale entre les différents groupes humains, les catégorisations raciales et les valeurs (positives et négatives) qui leur sont attribuées n’ont pas disparu. Loin de là.

Un timing assez parfait aura fait en sorte que cet article répondant à une partie des commentaires se révélant au minimum fondamentalement naïfs vis-à-vis l’intersectionnalité, le racisme et la lutte antiraciste.

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Voici le lien vers l’entretien des organisatrices du Camp d’été décolonial à venir et qui est à lire impérativement pour bien comprendre la logique de ce blog, bien que la non-mixité ne nous concerne pas vraiment ici : Camp d’été décolonial : Qui a peur de l’antiracisme politique ?

Par définition, le racisme concerne l’ensemble de la société. On le souligne rarement mais si certains sont désavantagés par les processus de racialisation négative, d’autres en tirent des avantages nets, directs ou indirects…C’est ce que l’on appelle les privilèges. Ainsi, et par exemple, le pendant de la discrimination raciste au logement c’est le bénéfice qu’en tirent les « membres de la population majoritaire », pour reprendre une expression en vogue. Si l’on devait résumer ça de manière cynique et grossière, on dirait qu’il y a les perdants et les gagnants du racisme structurel, comme il y a les perdantes et les gagnants du patriarcat.

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