« Intersectionnalité et Véganisme » : Mise au point

Le dernier article publié sur ce site « Intersectionnalité et véganisme » a provoqué un certain nombre de réactions sur lesquelles nous pensons qu’il est important de revenir.
Nous pensons qu’il est bon de rappeler que ce blog est intersectionnel et qu’il a pour but premier d’apporter des réflexions permettant à des personnes racisées ainsi qu’à toute personne victime de discrimination systémique (hétéroblantriarcat, hétérocentrisme, cissexisme) qui ne se reconnaissent pas dans les réflexions du véganisme blanc d’avoir des outils de réflexion sur le véganisme mais aussi d’introduire à l’Afrovéganisme.

Lecture utile : Je suis un•e animal•e

Le but de ce blog est donc de souligner les problèmes rencontrés de façon concrète et parfois répétées par les personnes concernées : les noir-e-s et toues les personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les personnes précaires, les MOGAI (intersexes, orientations romantiques-sexuelles et identités de genres marginalisées). Il s’agit aussi de décrire, décrypter, analyser et parfois expliquer des images, articles, faits d’actualité ou autre.

Passons maintenant au détail des commentaires :

• « Toutes les femmes ne sont pas violées » et autres comparaisons douteuses

Il y a beaucoup à dire sur ces propos et leur portée mais nous allons rapidement développer de deux points :

D’une part, ce genre de propos se base sur une réduction de la diversité des espèces animales et de leur conditions de vies en une seule idée de ce qu’iels vivent.
Pourquoi être choqué-e quand on rappelle que tous les animaux ne terminent pas à l’abattoir ? Pensez-vous donc qu’un-e chat-te nourri-e, logé-e, choyé-e soit autant à plaindre qu’une poule enfermée dans une cage à peine assez grande pour elle et mourant prématurément à cause de ses conditions de vie ?
Il ne rime à rien de nier le fait qu’il y a des espèces animales bien mieux traitées que d’autres. C’est ça aussi le spécisme : privilégier certaines espèces (chiens, chats et autres animaux de compagnie, surtout pour ce qui concerne l’Occident) au détriment d’autres (vaches, cochons, oies, poules, canards, etc.).

Arrêtons-nous sur cette phrase : « Alors je pense qu’il faut quand même rappeler que le sort des femelles est très différent de celui des mâles (inséminations forcées, traite, retrait des petits quelques heures après la naissance)… »
On peut aussi parler des poussins mâles broyés ou gazés à la naissance, on peut parler des coq castrés, des taureaux tués lors des corridas, on peut parler des étalons reproducteurs, on peut parler des lions tués (par des blancs) pour devenir des trophées, les éléphants qu’on assassine pour leur défenses quelque soit leur genre, et bien d’autres exemples. Faire croire que les animaux femelles subissent plus de violences que les mâles relève de l’anthopomorphisme (humanisation) le plus profond.
Confondre les animaux et les humains ampute la réflexion de toute sa complexité.

Ensuite, il y a tout un dossier qui explique tous les problèmes que posent les comparaisons entre élevage et esclavage. D’ailleurs, l’esclavage existe encore de nos jours. Et pas uniquement en Mauritanie. Il y a encore en Occident des cas d’esclavage au sein de foyers riches.

Enfin, Dansmontiroir, je tiens à préciser que le fait d’avoir fait des recherches n’empêche en aucun cas d’avoir une lecture biaisée sur le sujet traité : Combien de personnes racisées avez-vous interrogées pour votre travail de recherche ? Où sont vos chiffres à vous ? Quelle vision du racisme avez-vous ? Brigitte Bardot et consorts ne sont que des épouvantails : Prendre ses distances avec des gens comme elle ou des associations comme Sea Shepard est un minimum mais n’est en aucun cas une preuve absolue de non-racisme.

RACISME - Parfois, c'est subtil

RACISME – Parfois, c’est subtil

• #Not All Vegan
Le première accusation faite à cet article en particulier et parfois à ce blog en général est de trop « généraliser », de ne pas prendre en compte le fait que « certain-e-s véganes » ne sont pas racistes ou sexistes.

Le problème de ce genre de reproche est qu’il sous-entend : « Moi, je suis pas comme ça, tu DOIS parler des gens comme moi pour me rassurer ! ». Et ce blog n’a aucunement pour but de flatter l’égo de qui que ce soit, encore moins celui des personnes qui se pensent allié-e-s. Ce n’est pas le rôle de ce blog.

Pour ce qui concerne les personnes à l’origine de l’article incriminé : pour AngryBlackVegan, les premières personnes véganes qu’elle a rencontrées étaient blanches (et une non-blanche) féministes, dont certaines étaient plus ou moins au fait des questions antiracistes (sauf un) et Ru connait aussi quelques véganes sensibilisé-e-s aux problématiques intersectionnelles. ABV et Ru savent donc que tous les véganes ne sont pas problématiques. Malheureusement, l’expérience nous a démontré que ce profil de véganes ne correspond pas du tout à la majorité et que ce n’est pas ce genre de profil qui est mis en avant quand il s’agit de promouvoir le véganisme.

Il faudrait aussi ajouter et se mettre en tête que pour accéder aux tendances véganes queers, féministes antispécistes ou autre, il faut au préalable s’informer sur l’existence de ces groupes. Et, encore une fois, ce n’est pas forcément à des groupes ou individus se préoccupant vraiment de la justice sociale que l’on a à faire en premier lieu quand on veut s’informer sur le véganisme.
Pire, dans certains cas, ces personnes prétendent le faire mais sont loin du compte quand iels ne se reposent pas sur une absence partielle ou totale de connaissance du sujet traité (racisme, islamophobie, antisémitisme, validisme ou encore mépris de classe). Un exemple ici : lien facebook

De plus, même s’il semblerait que plusieurs longues années de véganisme ne valent pas des études de sociologie qui semblent être un argument d’autorité suffisant pour dénigrer un article et ses auteurices avec force condescendance et mépris de classe. Leurs observations se basent sur le quotidien, leur quotidien et celui de beaucoup d’autres véganes ou végata*ien-ne-s racisé-e-s, sur des échanges nombreux et variés avec beaucoup de personnes au profils divers, sur de nombreux réseaux sociaux, dans des manifestations et événements, dans des forums, sur des blogs, dans des cantines scolaires et d’entreprises, dans des restaurants, etc.
Nous pensons donc pouvoir dire que nous possédons une vision assez globale de ce qui se dit, se fait, se pense chez les véganes blanc-he-s et racisé-e-s. Et nous avons toute légitimité à en parler.

Il n’est pas anodin que la totalité des critiques reçues pour cette article proviennent de personnes blanches. Le but premier était de parler aux racisé-e-s et de leur montrer qu’une autre forme de véganisme est possible : L’Afrovéganisme est en marche.

• Si vous critiquez les problèmes du véganisme, c’est que vous n’êtes pas véganes, ou que vous n’être ni de « vrai-e-s », ni de « bon-ne-s véganes » !

Que les choses soient claires : d’une part nous n’avons aucun compte à rendre à qui que ce soit. D’autre part, c’est quoi être végane pour vous ?

Parce que si ça passe uniquement dans votre assiette, vous n’en êtes qu’au début du chemin. Et c’est là qu’entre en compte la question de la précarité. Un article bien plus complet est en préparation à ce sujet.
Et s’il s’agit de ne rien remettre en cause et d’empêcher tout esprit critique, ça s’appelle du dogmatisme. On peut être (afro)féministe et critiquer le racisme (l’islamophobie et la misogynoire par exemple), la transphobie et la putophobie des féministes blanches, on peut être antiraciste et critiquer l’antisémitisme et parfois la misogynie et l’homophobie de certains mouvements blancs ou racisés ou mixtes et on peut être végane et critiquer le racisme, le sexisme, le validisme et le mépris de classe du véganisme mainstream.
Aucun mouvement n’est exempt de défaut et ce n’est pas en les passant sous silence qu’ils vont disparaître d’eux-mêmes.

Libération forcée

 » – Bouge pas ! Je vais te libérer ! – Argh ! Non ! »

D’ailleurs, ce genre de reproche se fait souvent avec pour complément : « Tu critiques le véganisme mais tu ferais mieux de regarder du côté des antiracistes ne sont pas mieux et qui brillent par leur spécisme ! », sous-entendu : « Nous, véganes / antispécistes, valons mieux que les autres mouvements pour la justice sociale ! ».

Pour finir, l’extrait d’un commentaire récent d’AngryBlackVegan :

« Je ne perdrais jamais autant de temps et d’énergie à créer un blog, passer du temps à réfléchir à des textes, les rédiger et les corriger si je jugeais la cause « mauvaise ».

[…]
Que ça vous plaise ou non, tout n’est pas parfait dans la façon dont le véganisme est promu. Et critiquer la façon dont on parle du véganisme ne revient pas à rejeter le véganisme dans son ensemble ; c’est pourtant de la logique élémentaire ! Il y a des points à améliorer, des choses à redire, des critiques à apporter et souligner des défauts ne signifie en aucun cas que l’on doit tout rejeter en bloc.
Tout ça pour dire qu’on ne peut s’améliorer si l’on ne fait jamais le point sur ses défauts et que l’on ne corrige pas ses erreurs.

Au passage, c’est parce que je suis sûre et certaine que le véganisme est le meilleur choix que j’ai pu faire pour les vaches, les poules, les cochons, les singes, les lapins, les visons, et autres cobayes que je pense pouvoir me permettre de critiquer ce qu’il y a de critiquable dans le véganisme ou du moins dans la façon dont on cherche à le répandre sans sentir vaciller mes convictions et surtout sans avoir l’impression que je vais donner des raisons aux personnes qui mangent de la viande de continuer à le faire.

Ce n’est pas ce blog qui mettrai le véganisme en danger, ce serait plutôt des gens qui refusent d’entendre toute critique qui se veut constructive, un peu comme celleux qui pensent que pointer les erreurs et les approximations revient à être incapable de voir ce qu’il peut y avoir de positif. »

• Que sont le racisme et son prolongement : le privilège blanc ?

Pour conclure cette mise au point, le plus simple va être ici de recopier entièrement les entrées du lexique trouvé sur ce blog, avec l’autorisation de sa propriétaire :

Racisme

Contrairement à l’acceptation courante de ce terme, le racisme n’est pas une simple posture morale selon laquelle læ raciste est une mauvaise personne, un-e méchant-e qu’il faut impérativement ostraciser et regarder de travers toute sa vie au mieux.
Dépolitiser la question du racisme pour en faire une simple question morale et le réduire aux relations inter-personnelles et au rejet de la différence raciale ouvre la porte à la négation du racisme en tant que système, et surtout, laisse la place à l’invention du « racisme anti-blanc-he-s » qui participe à cette négation et place, encore une fois, les blanc-he-s au sommet d’une hiérarchisation artificielle dans ce qui est grave en matière de racisme.

… pour le remplacer par le "racisme anti-blanc-he-s"

… pour le remplacer par le « racisme anti-blanc-he-s »

Le racisme est donc politique dans le sens où toute la société est touchée et qu’aucun individu n’y échappe, quelque soit son degré d’intelligence et de culture (ce dernier cliché se doit aussi d’être combattu d’ailleurs). C’est donc un système qui classe les individus selon leur race, plaçant toujours les blanc-he-s au sommet du classement racial et qui impose, entretien et fait en sorte de renforcer la suprématie blanche par divers moyens allant de l’essentialisation raciale aux discriminations pures et simples en passant par les agressions racistes orales (souvent déguisées en « humour ») ou physiques et par la minimisation voire la négation du racisme vécu par les racisé-e-s.
Et que ce soit dit tout de suite : le racisme se cache aussi dans les préjugés qui se prétendent positifs.
Par exemple : les noir-e-s seraient de bon-ne-s danseur-euse-s ayant « naturellement » le rythme dans la peau. Ce cliché est hérité de la pensée coloniale qui réduit le corps des noir-e-s à un outil de travail et/ou à un objet de divertissement.

En somme, le racisme, ce n’est pas de la haine en soi, c’est bien plus insidieux et complexe.

Le racisme, c’est aussi et entre autres : la discrimination à l’emploi, au logement, aux loisirs, mais aussi de façon bien plus insidieuse : aux études. Ce sont aussi la somme des violences et des crimes policiers, les blagues racistes, les phrases du type : « t’es belle pour une noire » ou encore « jamais je ne sortirai avec un-e noir-e » mais aussi, assurément, les très répandues : « Je ne suis pas raciste mais… ».
Ce sont aussi, bien évidemment, les propos de ministres ou que sais-je qui parlent de « nègres » pro-esclavage, ce sont celleux qui défendent ce genre de propos, ce sont celleux qui affirment que les Rroms n’ont « pas vocation » à rester en France, celleux qui font une distinction nette entre juif-ve-s et français, entre musulman-e-s et français, entre noir-e-s et français, celleux qui pensent que les musulman-e-s sont des terroristes en puissance, etc.

À lire :
Le racisme comme système
Racisme : définition politique
« Vous êtes raciste. C’est le cadeau que je veux que vous embrassiez »


Privilège

Pour dire les choses très simplement, un privilège est le pendant direct de la discrimination. Car le couple discriminations/privilège fonctionnement en vase communicant et dépendent directement l’un de l’autre. Pour qu’il y ait discriminé-e, il faut qu’il y ait bénéficiaire de la place laissée par læ discriminant-e au détriment du/ de la discriminé-e.

Pour schématiser, il y a d’un côté le groupe dominant dont les membres bénéficient de privilèges liés à leur position sociale et de l’autre côté, le groupe dominé dont les membres subissent des discriminations portées parle système tout entier.
Personne ne choisit le groupe auquel on appartient.

Et là où il arrive fréquemment que les personnes subissant des discriminations le voient ou le vivent de façon directe et parfois brutale, ce bénéfice se fait, dans l’immense majorité des cas, à l’insu de la personne privilégiée. Il est du coup compréhensible que la première réaction soit le déni quand on s’entend pour la première fois dire que l’on bénéficie d’un privilège blanc, hétérosexuel, masculin, cis, valide ou encore mince.
Dans la mesure où l’on ne se penche jamais sur ce sujet quand il est question de discriminations dans les canaux médiatiques habituels, ça peut demander beaucoup d’efforts de réaliser que l’on a des accès facilités à l’emploi, aux loisirs, au logement, à la propriété, etc. alors que c’est la conséquence logique de l’existence des discriminations structurelles.

Le privilège comme la discrimination sont résultantes de structures sociales et politiques qui reposent sur des bases à la fois sexistes, racistes, classistes, mogaiphobes, validistes et grossophobes. Le nier, nier l’existence des privilèges entretient au minimum le statut quo à ce sujet. Au minimum.

Enfin, le privilège ne doit pas être confondu avec l’avantage. Plus de détails dans cet article.

Autre lien important à lire à ce sujet : Une analyse anarchiste de la Théorie du Privilège – par l’assemblée de femmes de la Fédération Anarchiste britannique

Pour finir, voici d’autres lectures fort utiles sur le webzine :  « L’Écho des Sorcières » qui s’accordent bien avec le thème de ce billet :
http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanch-e-s-partie-2/

http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanch-e-s-3eme-partie/

http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanch-e-s-6eme-partie-partie-finale/

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18 réflexions sur “« Intersectionnalité et Véganisme » : Mise au point

  1. Bonjour,

    Bien que vous vous défendiez d’avoir « des comptes à rendre », il est manifeste (et pas uniquement dans ce billet) que vous rendez des comptes tout de même – de ce que dont vous vous rendez compte.
    Aussi, je préfère cette mise au point à certains autres de vos textes, justement parce que vous rendez plus clair votre propos global.
    Vous l’aurez compris, j’adhère à l’ensemble de ce qui est écrit par vous, et cette mise au point permet de manière intéressante de lever des zones floues jusqu’alors.
    Une chose qui rend la lecture un peu pénible à suivre, c’est votre emploi de cet orthographe remanié avec ce souci de n’omettre jamais ni le féminin ni le pluriel, disons cette expression écrite « transgenres ». Loin de moi d’en désapprouver l’emploi par vous car cela correspond très bien à votre discours et vos analyses intersectionnelles. Pour ma part – old school ici – j’en reste à la règle établie par commodité. Je pense aussi qu’on peut parler des sujets que vous abordez sans utiliser cette façon de faire, car la forme peut avoir un air d’être et le fond être autre chose que ce que la forme suggère. Bref, si vous voulez faire ainsi je serai toujours là si besoin était pour défendre que vous le fassiez, même si je ne le pense pas nécessaire dans l’absolu.
    Je vois que vous retoquer Dansmontiroir sur certains points. Vous avez raison pour la maltraitance animale : elle ne s’encombre pas des sexes des animaux : femelles et mâles sont tous, d’une manière ou d’une autre, effroyablement exploités et massacrés. Vous allez vite en besogne quand vous fustigez la « classe » (cursus) soi-disant prétendue par cette personne. Dire d’où l’on vient, ce n’est pas nécessairement en faire une fierté, une apologie, une supériorité de raison, etc., vous me suivez ? j’en suis sûr.

    Là où je trouve votre propos spécieux, c’est quand vous mettez en avant que des « critiques » émanent de personnes blanches (qui se disent comme telles) et que vous faîtes une relation d’évidence avec votre discours quand il est discuté par ces personnes (dont, donc, je suis). Vraiment, c’est faire vite. C’est plutôt bien pour votre engagement intellectuel et politique d’être lue par ceux que « vise » (j’ai compris que vous ne généralisez pas tant bien entendu) votre critique. Cela nous mène à ce que je trouve regrettable dans vos propos, c’est-à-dire quand vous spécifiez que votre blog s’adresse à d’autres que vous appelez racisé-es. A l’Afrovéganisme en marche, je préfère adhérer à un véganisme tout court qui prenne tous les gens en compte ; déjà qu’on aimerait ne plus avoir à se dire végane dans une société sans ostracisme aucun et une biopolitique sans exploités ni laissés pour compte. Votre combat est juste, mais dans son énonciation il s’enferme quelque peu. Je ne dis pas que c’est ce que vous êtes/faîtes dans la vie. Je ne parle qu’en mon nom : la couleur, l’origine, le genre, etc., on s’en fout. Du moment qu’on est entre égaux – ce qu’on est tous à mon avis, même si oui, les faits diffèrent encore de l’idée malheureusement.
    Sinon je déplore votre interprétation de ce que j’ai écrit : je ne vous demande pas de parler de moi, ou de mon cas mettons, car je n’ai pas besoin d’être rassuré. Votre réaction sur ce point ne fait pas honneur au reste de vos développements car vous opérez par raccourci, qui plus est un tantinet avec une idée toute préconçue. C’est désobligeant. Mais je ne suis pas vexé, je n’ai pas d’orgueil à ce niveau, je constate que vous faîtes avec empressement une faute de jugement c’est tout.
    Comme vous le dîtes si bien : personne ne choisit le groupe auquel on appartient. Mais enfin, quel groupe au juste ? Si vous saviez comme souvent je ne peux pas me reconnaître dans un groupe ou un autre, voire surtout celui auquel je suis censé, historialement, appartenir – à mon corps défendant parfois peut-être, parce qu’on est content, a priori, quand on se sent entouré.

    Je vois que vous critiquez vertement des conférences comme ce que Vegan Folie’s organise. Je comprends bien qu’il y a des analogies que n’aimez pas, et il se peut que vous n’ayez pas tort de les dénoncer. Peut-être aussi parfois n’y a-t-il pas forcément derrière les correspondances employées d’autre motivation que d’amener à la prise de conscience pour un changement de paradigme, sans que cela dénote de quelque chose de tordu et d’inconscient ?!

    Bon, j’épilogue assez. Je n’ai pas vu cependant beaucoup de réactions, positives ou négatives, de personnes de milieux différents que celleux qui – comme par hasard n’est-ce pas (c’est dit sans méchanceté, je taquine) – interviennent comme je viens à nouveau de le faire. Des milieux qui donc, pour des raisons historico-économico-sociétales complexes, demeurent de façon majeure indifférents à la libération sociale et animale. Tous sans distinction nous avons des atavismes culturels à combattre pour nous ouvrir à l’autre, au vivant tout simplement.

    Bien à vous,
    Veganement,

    M.

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      • Bonsoir. Oui c’est épuisant. Je viens de lire le lien proposé. C’est assez peu compréhensible, comme certains des propos que vous tenez et pour lesquels (et je ne suis pas le seul) certains vous ont demandé des explications ces derniers mois. Cet article fonctionne sur une drôle de rhétorique. Un système dans lequel, si l’on est blanc, on est implicitement un minimum raciste sans s’en apercevoir, et le mieux est de faire profil bas. Cela donne l’impression que si on côtoie – et amicalement -des personnes non blanches, c’est qu’on s’en sert comme alibi de non-racisme. Cela devient délirant. Comme il est fastidieux de s’entendre là-dessus par chat interposé, je ne vous ferais plus de remarques, qui plus est parce qu’exposé à votre attitude condescendante. Fragilité blanche. Vous penserez le contraire mais je ne me sens pas concerné mais impuissant ici à vous le faire comprendre, vous n’y croiriez de toute façon pas. A priori blanc privilégié par culture, fut un temps carniste et devenu vegan, il faut croire à vous lire et vos liens, que c’est une limite indépassable. Déprimant. Je ne vous ennuierais plus. M.

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      • Il y a une chose qu’il vous faut savoir : vous n’êtes en aucun cas les premiers et ne serez malheureusement pas les derniers à tenir exactement le même discours à 2-3 mots près

        Alors il est pour moi évident que oui, vous appartenez clairement à cette catégorie de blanc-he-s qui préfère se défendre et qui fait passer sa fragilité blanche en priorité quand on parle de racisme, au détriment des racisé-e-s à qui iels s’adressent.

        C’est l’expérience qui me permet de très rapidement repérer les faux-allié-e-s dans votre genre qui finissent toujours par montrer par leur attitude que leur propre honneur à ne pas se voir rappeler qu’iels n’échappent pas au racisme passe avant toute forme de réflexion vis-à-vis de ce dernier et de leur responsabilité dans sa perpétuation.

        En somme : vous faites partie de ces gens qui préfèrent que les racisé-e-s dénoncent le racisme mais sans oublier de vous rassurer parce que vous êtes des gens bien. Et que ce sont les méchants qui sont racistes.

        Dommage pour vous, la vie n’est pas un film de Disney avec les « gentil-le-s » d’un côté et les « méchant-e-s » de l’autre.

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    • Je suis pas raciste, donc le racisme n’existe pas et moi ne peux en être capable en aucun cas et je ne dois pas me questionner sur mes actes.

      ok ok je sors…

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  2. Vos billets font débattre, c’est que vous touchez des points sensibles.

    Je ne reprendrai pas point par point, je suis globalement d’accord avec ce que vous avez écrit (de mon point de vue de Blanche) et certains points vont me faire réfléchir encore. Je reconnais également la pertinence de l’article sur la fragilité blanche (que j’avais déjà lu il y a peu de temps et qui me fait l’effet des billets féministes qui tentent de faire réagir les hommes concernant le vécu des femmes et leurs privilèges d’hommes par exemple).

    J’ai récemment adressé un message à Aymeric Caron suite à son passage dans l’émission « Arrêt sur images » où il semblait braqué sur le fait qu’un végane ne peut pas être sexiste, raciste et j’en passe – comme si la belle théorie se retrouvait dans la pratique ! J’imagine que ce n’est que de la naïveté, permise par son statut privilégié sur plusieurs axes. Je me suis d’ailleurs permise de lui communiquer l’adresse de ce blog pour qu’il ait matière à réflexion.

    Pour ce qui est de « l’Afrovéganisme », je comprends tout à fait l’utilité tout comme j’ai compris qu’il y ait un féminisme noir (Womanism, etc.). Il y a des spécificités que les blanc-he-s ne peuvent pas comprendre d’emblée et qu’iels n’ont pas vécu.

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  3. Bonjour,
    Tout d’abord je tenais à vous remercier pour votre article « réponse ». Vous auriez tout à fait pu supprimer simplement le commentaire et refuser de donner plus de précisions, mais je trouve ça chouette que vous ayez pris le temps d’écrire cette mise au point. Je vais à mon tour préciser ma pensée, mais déjà merci pour le temps passé là-dessus.

    Je voulais aussi m’excuser d’emblée pour plusieurs choses. Déjà pour avoir répondu très et trop vite à l’article, j’aurais dû prendre mieux le temps de parcourir le blog et de me renseigner sur les auteures avant de commenter.

    Je suis aussi désolée que vous ayez pu interpréter mon ton comme étant « condescendant ». Plusieurs personnes l’ont ressenti comme tel. Je peux vous assurer que ce n’était pas du tout dit comme ça, mais il est clair que la communication sur Internet a ce défaut de laisser une grande place à l’interprétation. Bref, tout ce qui va suivre est dit sur un ton bienveillant et posé, j’espère que l’impression que vous en aurez ira dans ce sens-là ! Je sais que ce sont des sujets très sensibles, très graves, et je ne voulais pas vous blesser dans mon dernier commentaire. Si c’est le cas je m’en excuse.

    Avant d’aller plus loin, je voulais prendre cinq minutes pour préciser un peu mieux qui j’étais, pour que mes intentions soient plus claires aussi pour vous. Je suis une femme blanche hétérosexuelle, cis, jeune, valide, d’une classe sociale plutôt élevée. J’ai compris les arguments du véganisme en réalisant mon fameux mémoire de fin d’études, et je suis devenue végétarienne. Je ne suis pas encore végane mais je soutiens tous les arguments du véganisme. Je me définis comme « pro-végane » et je pense franchir le cap assez rapidement. Je me définis également comme féministe et ma compréhension du sexisme s’est faite en tirant des parallèles à partir de ma compréhension du spécisme. Pour autant, j’ai découvert les « privilèges » il y a quelques mois seulement, ça a été un gros choc pour moi. Notamment avec l’article de Peggy McIntosh sur le sac à dos invisible. J’ai réalisé beaucoup de choses à ce moment-là mais je me rends compte que j’ai encore énormément à apprendre. Et j’ai envie d’apprendre mais je suis convaincue que la déconstruction totale, sur tous les types d’oppression, est un travail sérieux et long que je n’atteindrai probablement pas en quelques mois.

    Et maintenant je vais répondre point par point à votre « mise au point », ce sera plus pratique :

    « Toutes les femmes ne sont pas violées » et autres comparaisons douteuses.
    1.a) Ce genre de propos se base sur une réduction de la diversité des espèces animales et de leurs conditions de vie.
    → Pour moi c’est justement tout le contraire. Je pense justement que les espèces animales ont des conditions de vie très différentes les unes des autres. Et je pense également que les femmes (disons les femmes en France pour simplifier), ont également des conditions de vie très différentes les unes des autres. Je pense qu’un animal peut être discriminé « en tant qu’animal » (par le spécisme), mais pour autant je suis convaincue qu’un animal d’élevage ne le sera absolument pas de la même façon qu’un animal de compagnie ou encore qu’un animal de zoo par exemple. Et je pense que, de la même façon, une femme peut être discriminée « en tant que femme » (par le sexisme), mais qu’elle ne le vivra probablement pas de la même façon selon si elle est Blanche, de classe sociale élevée, mince, lesbienne ou handicapée… Il y a des femmes en France qui n’ont jamais été agressées sexuellement, qui ne ressentent pas spécialement de sentiment d’insécurité en ville, qui sont payées au même pris qu’un homme pour le travail qu’elles font, qui ont des postes importants… C’est vrai, ça existe, mais ça n’est pas la norme. En tant que féministe, j’ai souvent entendu « plein de femmes n’ont pas peur dans la rue ! »… Oui, c’est sans doute vrai, mais ça ne veut pas dire que le féminisme est inutile. Il faut qu’aucune femme n’ait à avoir peur dans la rue. Et c’est dans ce sens que, selon moi, l’argument « tous les animaux ne vont pas à l’abattoir », n’est simplement pas un argument. Ce n’est pas parce que le spécisme ne se manifeste pas par le meurtre pour 100 % des animaux qu’il est moins grave.

    1.b) Pourquoi être choquée quand on rappelle que tous les animaux ne terminent pas à l’abattoir ?
    Je ne suis pas choquée qu’on le rappelle, et c’est vrai. Vous avez tout à fait raison, le spécisme ne se manifeste pas de la même façon selon les espèces, et je ne le nie en aucun cas. Ce qui me pose problème (çe ne me « choque » pas mais ça me « pose problème »), c’est de mentionner ça dans une phrase du type « il y a des animaux qui vivent mieux que certains humains, tous les animaux ne finissent pas à l’abattoir ». Cette phrase s’inscrit dans un argumentaire qui (selon moi) instaure une forme de hiérarchisation entre les oppressions. Je l’ai lue comme ça (mais je peux me tromper) : « c’est bien de défendre les animaux, mais il faut D’ABORD défendre les humains ! ». Et je suis en désaccord total avec ce genre de phrases, mais nous pouvons en débattre.

    « Les animaux mâles et femelles ne sont pas traité-es de la même façon »
    Alors là j’avoue que je ne suis pas assez calée sur le sujet pour vous répondre par un paragraphe bien construit et documenté. Je n’ai pas encore pris le temps de lire « Sexual Politics of Meat ». Si vous regardez bien la partie de mon commentaire que vous avez citée, je précise que le sort est différent ! Je ne dis pas qu’il est « pire ». Je pense juste qu’il y a aussi quelque chose qui se joue dans la différenciation du traitement des animaux en fonction de leur sexe, mais là-dessus je vous renvoie à Sexual Politics of meat qui a sans doute beaucoup plus à en dire que moi. Et là encore une fois vous déformez mes propos en disant « faire croire que les animaux femelles subissent PLUS de souffrance », alors que j’ai mentionné qu’elles ne subissaient pas la MÊME souffrance.
    Sur les comparaisons entre l’élevage et l’esclavage
    Là-dessus je vous présente mes excuses. Je ne me suis pas encore assez renseignée sur le sujet et je vais lire les documents que vous m’avez proposés. Merci pour l’information. Et en attendant j’éviterai ce genre de comparaisons.
    « Avoir fait des recherches ne vous empêche pas d’être biaisée »
    Mmh… Alors là j’aimerais bien que vous citiez le passage de mon commentaire où j’affirme être neutre et ne pas avoir un avis biaisé ? Je suis intimement convaincue que personne n’est objectif, qu’on vit tous un sujet au travers de notre expérience personnelle et de notre identité. Alors je pense que nos deux perceptions des choses sont biaisées : la vôtre et la mienne. Et je pense qu’on peut arriver à une forme de « perception de la réalité » en confrontant toutes ces perceptions biaisées et en en discutant ensemble. Et c’est précisément pour ça que j’ai posté le commentaire. Mais je reconnais bien volontiers ne pas être neutre du tout, et je ne pense pas que vous le soyez non plus, comme je pense que personne ne peut vraiment l’être.
    Not all vegan
    5.a) « La première accusation est de généraliser et de ne pas prendre en compte le fait que certains véganes ne sont pas racistes ou sexises ».
    Alors là il me semble que vous mélangez deux choses. Je suis d’accord avec le début de la phrase, mais pas avec la fin. Je ne vous reproche pas de ne pas mentionner que « certains véganes ne sont pas racistes ou sexistes ». Je vous reproche de conclure que « LA PLUPART » des véganes sont racistes et sexistes. Je me demande ce qui vous permet d’affirmer cela ? Comment êtes-vous sûres que LA PLUPART des véganes sont racistes et sexistes ? C’est juste ça que je vous reproche, en fait. C’est effectivement de la généralisation.

    5.b) « ABV et Ru savent que tous les véganes ne sont pas problématiques. Malheureusement, l’expérience montre que ce profil de véganes ne correspond pas à la majorité »
    Eh bien justement, votre expérience le montre, mais pas la mienne. Donc peut-être que nous pouvons confronter nos expériences pour en discuter ensemble et peut-être que ça pourrait même être intéressant et que nous pourrions même apprendre les unes des autres, qui sait ?! Je ne me permettrais pas de parler du racisme parce que je ne peux pas définir si une personne est raciste ou non, je suis blanche et je conçois bien ne pas avoir mon mot à dire là-dessus. En revanche, si on parle du sexisme, je suis concernée et mon expérience du terrain est visiblement différente de la votre. Je ne dis pas que la mienne vaut MIEUX que la votre, je dis juste que peut-être ça peut être intéressant de confronter les 2 ?

    5.c) Dans votre réponse, vous expliquez sur quoi vous vous basez pour les concusions tirées, vous parlez des personnes rencontrées, de leurs profils, etc.
    Je pense que c’aurait été important de mentionner ça dans l’article initial, simplement pour que vos lecteurs sachent sur quoi vous vous basez pour tirer vos conclusions. Si c’est de votre propre expérience : c’est super et ça a énorémement de valeur, et ça n’est pas à remettre en cause, mais c’est pas mal pour nous d’être au courant quand on vous lit (je trouve).

    « Il semblerait que plusieurs longues années de véganisme ne valent pas des études de sociologie qui semblent être un argument d’autorité suffisant pour dénigrer un article et ses auteurices avec force condescendance et mépris de classe »

    Ouf. Bon je respire une minute, je m’étire, je souris pour me laisser envahir par toute la bienveillance dont je peux faire preuve… et je vais vous répondre.
    Je me suis déjà excusée pour le ton « condescendant ». Là dessus je peux aussi peut-être vous renvoyer vers cet article mais vous êtes déjà probablement au courant de tout ça (http://www.madmoizelle.com/mythe-femme-agressive-356439).
    Je vous assure que ce n’était pas dit comme ça. Je m’excuse cependant d’avoir répondu vite, j’étais pressée, j’ai eu envie de réagir tout de suite et c’était maladroit et mal écrit. Pardon pour ça. Je ne voulais pas vous blesser, ni vous agacer, ni sembler méprisante.
    Je veux bien également que vous me disiez à quel moment de mon commentaire j’ai dit que « mes études de sociologie étaient un argument d’autorité » ?! Je suis un tout petit peu choquée par ce passage. Ce que j’ai fait dans mon commentaire, c’est préciser sur quoi je me basais pour dire ce que j’avais à dire… Et m’interroger sur la réciproque : sur quoi vous vous basiez pour écrire cet article ? Encore une fois, il est bien possible que la réponse soit dans le reste du blog, et c’est de ma faute j’aurais pu aller lire tous les articles du blog pour mieux saisir qui étaient les auteurices etc. Mais je n’avais vraiment pas le temps… Cela dit je n’ai jamais dénigré votre expérience, je jugeais juste important de confronter nos expériences visiblement très différentes.
    Si vous critiquez les problèmes du véganisme, vous n’êtes pas de vraies véganes…
    Alors là encore une fois je plaide coupable, il est vrai que mon commentaire pouvait laisser entendre ça. C’était maladroit et pas très malin. Je m’en excuse.
    Pour préciser ma pensée, je trouve ça super de « critiquer les problèmes du véganisme », pour en parler, pour voir ce qu’on peut améliorer, pour ne pas se voiler la face derrière un véganisme blanc qui perpétue une forme d’oppression en voulant en combattre une autre.
    Par contre je ne trouve pas ça super de généraliser à « la plupart des véganes » sans être en mesure de l’argumenter. Pourquoi ne pas avoir mis « la plupart des véganes que nous avons rencontré-e-s », par exemple ?
    S’il s’agit de ne rien remettre en cause et d’empêcher tout esprit critique, ça s’appelle du dogmatisme.
    Alors vous devez plutôt bien recevoir le fait que je me sois permise de remettre en cause votre article et de faire preuve d’esprit critique envers lui ? 😉
    Aucun mouvement n’est exempt de défaut et il ne faut pas les passer sous silence.
    Là encore, je suis absolument d’accord. C’est encore et toujours la généralisation qui me pose un souci. Dire que les véganes ne sont pas tous des anges irréprochables féministes antiracistes déconstruits sur toutes les oppressions… ça me paraît tomber sous le sens et ça me paraît très important de le rappeler ! Dire que « la plupart des véganes sont racistes et sexistes »… C’est complètement autre chose, non ? D’autant plus quand on ne prend pas le temps de rappeler sur quoi on s’appuie pour le dire ?
    Ma conclusion – Attention, ce qui va suivre est mon opinion personnelle basée sur mes lectures et mes rencontres, en particulier les entretiens réalisés dans le cadre de mon mémoire, mais interprétés à ma sauce, c’est une perception subjective que je vous propose pour en discuter ensemble, et non pas une idée que j’affirme comme étant une vérité absolue :

    Je pense personnellement que la plupart des gens (de tous les gens – qu’ils soient discriminés ou non) n’a pas conscience d’avoir des privilèges – ni même du fait que les autres ont des privilèges par rapport à eux. Je pense que certaines personnes peuvent, au fil de leurs lectures ou de leurs expériences personnelles, réaliser l’existence d’une oppression. Par exemple, je pense qu’une femme peut avoir conscience du sexisme d’une façon très superficielle : réaliser les écarts de salaire, le plafond de verre, l’image des femmes véhiculée dans la publicité… Mais n’avoir jamais identifié le concept de privilège masculin. Et je pense que c’est le cas de la plupart des femmes (mais là encore c’est ma vision personnelle et je peux me tromper). Je pense toujours qu’au bout d’un moment, si cette femme subit une agression sexuelle par exemple, ou qu’elle subit du victim-blaming, elle peut avoir envie de se renseigner là-dessus, lire plus de livres, chercher à comprendre… Et que peut-être elle va mieux théoriser l’oppression systémique, peut-être ça la conduira à la question des privilèges… Peut-être en réalisant les privilèges masculins, elle arrivera elle aussi à reconnaître ses propres privilèges (par exemple en tant que blanche). Ca n’arrivera pas forcément, mais peut-être qu’elle a « une base plus favorable » pour comprendre ça, parce que les mécaniques discriminatoires sont similaires (même si elles n’ont pas du tout les mêmes effets).
    Pour en revenir à nos moutons, je pense que beaucoup de véganes (comme beaucoup de non-véganes!) n’ont pas conscience de leurs privilèges masculins, ou de leurs privilèges blancs… Je pense aussi que beaucoup de féministes n’ont pas conscience qu’elles peuvent être racistes ou homophobes… Je suis convaincue que ça demande un peu de temps pour faire le lien entre une oppression et une autre, et que ce n’est pas parce qu’on a réalisé le truc pour une oppression que d’un coup, hop, comme touché par une baguette magique, on va être totalement déconstruit-e en 2minutes sur toutes les oppressions possibles et imaginables.
    Cependant, et c’est ce que j’ai essayé de dire maladroitement dans mon commentaire précédent… Je pense que les gens qui ont compris le truc pour une oppression sont plus susceptibles d’être capables de comprendre le truc pour une autre. J’ai personnellement infiniment moins de mal à parler de féminisme avec mes amis véganes qu’avec des personnes non-véganes… Parce qu’ils ont déjà déconstruit un système de pensée fortement ancré, ils ont déjà reconnu avoir des privilèges en tant qu’humains.
    J’ai aussi moins de mal à parler de véganisme à mes amies féministes, pour les mêmes raisons…

    Bref, pour résumer ma pensée en quelques lignes, voilà ce que je reproche à l’article précédent : Vous mentionnez le fait que beaucoup de véganes sont racistes et sexistes, sans proposer de comparaison avec les non véganes. Du coup, en lisant votre article, on a l’impression que le racisme et le sexisme sont des caractéristiques plutôt propres aux véganes. On a tendance à penser que les véganes sont globalement + racistes et sexistes que les non véganes. Et à mon avis, toujours d’après mes lectures et mes rencontres, c’est plutôt le contraire. Il reste beaucoup de véganes racistes et sexistes, mais pas parce qu’ils sont véganes… Plutôt parce qu’il y a énormément de personnes racistes et sexistes dans la population à la base ! Et je pense sincèrement que parmi les véganes (comme parmi les féministes, comme parmi les antiracistes, comme parmi toutes les communautés sensibles à une oppression), il y a un « terreau favorable » à la déconstruction d’autres formes d’oppression.
    Il me semble qu’il y avait des données là-dessus dans le livre de Martin Gibert « voir son steak comme un animal mort », mais hélas je l’ai prêté à une amie donc je ne pourrai pas vous en citer d’extraits tout de suite.
    Et je pense aussi que, malheureusement, votre article précédent peut être largement relayé par des personnes non-véganes pour décrédibiliser le véganisme en disant « vous voyez, les véganes sont racistes et sexistes, c’est mal, allons célébrer notre ouverture d’esprit autour d’un bon barbecue ! », même si ce n’était bien sûr pas le but des auteurices… vous voyez ce que je veux dire ?

    Aimé par 2 people

    • Bonjour,

      Merci pour votre réponse qui me permet d’un peu mieux comprendre les points de désaccord et de compréhension qui ont lieu ici.

      D’une part, je trouve toujours et de plus en plus déplacée la comparaison entre les femmes et « les animaux » car c’est encore et toujours essentialiser les animaux comme s’iels n’appartenaient qu’à une seule et unique espèce. C’est justement parce que je refuse de rester dans ce schéma et que je souhaite foncièrement prendre en compte cette diversité que cette mise en parallèle entre les femmes et « les animaux » me semble loin d’être pertinente.

      Or, je vois difficilement comment on peut lutter efficacement pour le bien être et la libération de toutes les espèces animales si l’on ne prend pas plus en compte les spécificités liées à leur espèce ainsi qu’à leur condition et lieu de vie.C’est de ça qu’il s’agit, de prendre en compte tous les aspects des vies des animaux, entre ceux à qui l’on fout la paix, ceux que l’on protège, ceux que l’on massacre et les raisons de ces massacres, ceux que l’on exploite et ceux que l’on mange et mettre tout ça en perspective avec toutes les autres oppressions. Je vois mal comment on peut accepter d’un côté de comparer le sort des animaux avec au choix : les femmes, les noir-e-s, les juif-ve-s et refuser en même temps de faire de vraies analyses sur ce qui relève de la différence de traitement que l’on peut constater entre toutes ces catégories d’individus et les diverses espèces animales.

      Parce que c’est pour moi ce genre de lacunes qui permet à des gens comme Gary Yourofsky d’affirmer qu’il s’en fout des noir-e-s qui subissent des violences policières et qui parfois en meurent parce que les noir-e-s traiteraient leurs animaux de la même façon voire pire. Il tient d’ailleurs des propos du même genre envers les Palestinien-ne-s.

      De plus, à aucun moment je n’affirme que ce n’est pas parce que 100% des animaux ne finissent pas dans un abattoir que j’affirme que c’est moins grave. C’est juste que je suis gênée que l’on réduise systématiquement la question des droits animaux à ça. Il y a des animaux qui souffrent de bien d’autres façons.

      Ensuite, je trouve que votre interprétation de la phrase « il y a des animaux qui vivent mieux que certains humains, tous les animaux ne finissent pas à l’abattoir » pose de sérieux problèmes. J’imagine que j’ai dû mal m’exprimer mais de mon point de vue, c’est révélateur de l’absence de prise en compte ou au moins d’une lacune dans la réflexion relative aux oppressions intersectionnelles.

      Pour continuer ma réflexion menée juste avant, je pense que le principe de faire une division nette et absolue entre les humain-e-s qui oppriment forcément la totalité des espèces animales sans distinction aucune me gêne, pour ne pas dire qu’elle me semble être à l’origine même de certains réflexes racistes que l’on trouve chez des gens comme brigitte bardot et surtout des gens comme gary yourofsky qui, grâce à ce fractionnement, ne questionnent en aucun cas la façon dont les humains traitent d’autres humains, en faisant une question secondaire.
      Et de même, partir du principe que remettre en perspective le fait qu’il n’y a ni absolu, ni scission aussi tranchée qu’on a l’air de le faire croire dans les luttes antispécistes revient forcément à minimiser les souffrances animales pour mettre en avant les souffrances humaines va pour moi dans le même sens.
      Pour être plus précise, c’est à mes yeux un mécanisme similaire à celui qui fait dire que scander « Black Lives Mater » revient à dire que la vie des blanc-he-s compte moins ou ne compte pas. Et c »est ça pour moi le véganisme blanc, entre autres choses.

      Pour finir, j’ai une expérience radicalement différente de la vôtre. J’ignore à quoi c’est dû mais j’ai rencontré bien moins de problèmes avec des non-véganes qu’avec des véganes. Justement parce que la quasi-totalité des véganes que j’ai croisé et qui ne sont pas au préalable sensibilisés aux questions relatives aux rapport de domination inter-humains se croient déjà moralement supérieur-e-s aux autres humains parce que les animaux sont « les dominés des dominés ». Les personnes subissant des discriminations raciales (parce que c’est essentiellement sur ce sujet que j’ai été le plus attaquée où que j’aille) seraient moins à plaindre, n’auraient aucun problème digne de ce nom, qui ne méritent pas que l’on s’attarde dessus et qui font du « human first ».

      En somme, je n’ai perçu absolument aucune différence chez les véganes et les non-véganes blanc-he-s que j’ai rencontré quand il s’agissait d’évoquer le racisme systémique. Pire, les véganes dont je parle se cherchaient des excuses pour justifier leur racisme, comme celui de la capture d’écran dans l’article sur l’intersectionnalité. Et encore une fois, j’en ai rencontré beaucoup, suffisamment pour cesser de croire que ces gens sont des exceptions. Il m’a tout de même fallu une paire d’années pour sortir de cette vision que j’avais selon laquelle les véganes sont plus ouvert-e-s que les non-véganes. Mon expérience me laisse à penser que c’est loin d’être le cas. Enfin, la popularité des comparaisons entre élevage/abattage et soit l’esclavage, soit la Shoah ainsi que même la tendance à estimer un peu partout que l’abattage Hallal est pire que l’abattage « conventionnel » tendent à confirmer – à mes yeux – ce que j’avance.

      Pour finir, les personnes qui ont envie de se trouver des excuses pour justifier de continuer de manger de la viande ne nous ont certainement pas attendu pour ça et trouveront de toute façon des excuses autres que l’article que Ru et moi avons rédigé. Et que puis-je contre leur mauvaise foi de toute façon ?

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      • Bonsoir,
        Merci pour votre re-re-réponse qui rend aussi tout ça un peu plus clair pour moi.

        Je comprends que vous trouviez déplacée la comparaison entre les femmes et les animaux. Je pense qu’il y a tout un débat et toute une réflexion à avoir autour de l’utilité/du danger de l’emploi de certaines métaphores dans les discussions qui visent à faire passer des messages de « sensibilisation » au sujet d’une discrimination systémique. Je vais essayer de trouver des articles là-dessus et d’en lire. Mon avis n’est pas encore arrêté. En fait pour moi c’est tout le principe d’une métaphore : il ne s’agit en aucun cas de réduire la chose A à l’égale de la chose B. Il s’agit de mettre en valeur des aspects que A et B ont en commun… Pour que quelqu’un qui a saisi le concept A puisse comprendre le concept B. Du coup quand je compare les femmes et les animaux, pour moi ce sont deux groupes victimes d’une oppression systémique, avec pour chacun des individus qui vont subir des différences de traitements parfois très fortes en fonction d’autres critères. En aucun cas je ne dis = c’est exactement la même chose. Mais je vois bien en quoi ça peut poser problème et je vais y réfléchir de mon côté.

        « Je vois difficilement comment lutter pour la libération des espèces animales sans prendre en compte leurs spécificités » → Oui bien sûr là-dessus je suis tout à fait d’accord. Je n’avais pas l’impression de nier leurs spécificités et leurs différences de traitement, mais je vois où vous voulez en venir.

        Bien sûr je condamne comme vous les propos du type « on s’en fout des noir-e-s puisqu’ils font pire aux animaux ». Mais je condamne aussi les propos du type « les animaux ça peut attendre, parce qu’il y a encore des humains qui sont moins bien traités qu’eux ! ». (peut-être que vous vous êtes mal exprimée ET que j’ai mal compris, nous sommes sans doute toutes deux un peu responsables de cette mauvaise interprétation)

        Je ne dis pas que les humains oppriment forcément la totalité des espèces animales sans distinction. Et là encore je ne pense pas non plus que les hommes oppriment la totalité des femmes sans distinction (mais je sais, vous allez me dire que la métaphore ne vous va pas…) mais je ne vois pas d’autres façons de le dire ?

        Bien sûr qu’il est important de parler de la façon dont les humains traitent les autres humains. C’est sûr qu’il y a des auteurs véganes ou pro véganes qui ont pu dire de belles bêtises… :/

        Je n’ai pas du tout compris la comparaison avec « Black lives matter » en revanche, mais je suis peut-être juste fatiguée.

        Pour le fait qu’on ait des expériences radicalement différentes, je le crois bien volontiers. Je ne remets pas du tout en doute votre parole ou votre expérience. Mais je pense justement que c’est bien de s’ouvrir à l’autre pour voir ce qu’il-elle a vécu. Pour en discuter. Je ne pense pas que vous ou moi détenions la vérité sur cette question, mais je pense qu’il faut juste être prudent dans les affirmations tranchées et les généralités.

        Je vois ce que vous voulez dire sur le fait que certains véganes puissent se sentir « supérieurs », peut-être que c’est une communauté qu’on retrouve plus facilement sur les blogs, sur les réseaux sociaux… Une communauté qui l’ouvre plus aussi sans doute, donc qu’on entend plus. Les véganes que j’ai rencontré-es étaient des personnes qui travaillaient sur le terrain, géraient des associations, avaient un discours « officiel » pour donner un ton à leur association, participaient à des débats et des conférences, etc. C’était probablement pas le même type de militants. Mais bon d’où là encore l’intérêt de croiser les regards !

        Pour le sujet du sexisme, je trouve ça vraiment plus simple d’en parler avec des amis véganes, même si au début ils ont toujours un petit mouvement de recul (comme tout le monde), je trouve que les barrières tombent beaucoup plus vite qu’avec les non-véganes. Parce que justement on peut faire des parallèles, des métaphores avec des choses qu’ils ont déjà comprises…

        « J’en ai rencontré assez pour cesser de croire que ce sont des exceptions » → Alors là je me re-re-répète mais encore une fois, il y a une différence majeure entre « Ce n’est pas qu’une exception » et « La plupart sont comme ça » !… Et dans votre article précédent, vous ne vous êtes pas contentée de dire « ce n’est pas une exception ». Vous avez dit « la plupart sont comme ça », et c’est précisément ce qui m’a gênée.

        Pour le dernier point, vous avez raison ! Effectivement, ils se trouveraient d’autres excuses. Bien vu 😉

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  4. Bonsoir ABV,
    J’ai eu l’opportunité en début de semaine, de me replonger dans les textes que vous avez proposés en lien en rapport avec vos derniers posts et notamment cette mise au point.
    Je reviens donc, si toutefois vraiment parti ?!
    Pourquoi revenir ? Eh bien d’abord une lecture (« Le moment du vivant. » Il s’agit d’un colloque à Cerisy, donc un recueil de textes d’auteur-e-s) : dans l’un d’eux, on évoque Michel Serres et son livre « Le contrat naturel ». Il y est fait mention d’une « fragilité qui a changé de camp », relativement aux forces de la nature où naguère l’humain était très « faible » alors qu’aujourd’hui il assoit sa domination sur tout l’animé et l’inanimé.
    Comme j’avais toujours en tête nos échanges qui sont loin de m’avoir laissé indifférent, cette expression de la fragilité qui a changé de camp m’a fait un déclic. J’ai pensé « bon sang ! bien sûr ! » Dans la journée (lundi) j’ai pu relire vos écrits et ceux proposés en prenant vraiment le temps, c’est à dire en lisant très, très, très lentement. Cela plus un article d’Elise Desaulniers sur la question justement, eh bien je dois dire que je me suis fait la remarque d’avoir été totalement 1) précipité, 2) dans l’erreur et 3) extrêmement maladroit à votre égard dans mes propos. Je tiens à préciser que jamais je n’ai eu l’intention d’être désagréable ou autre. Cependant j’avais compris de travers et je voulais vous le faire savoir car vous avez raison – sur tout.
    Dans la semaine j’étais encore embêté avec le terme de « fragilité' » qui paraît au premier abord réducteur, préférant y substituer « susceptibilité » ou « sensibilité » mais en réalité le terme dit bien ce qu’il a à dire.
    Force est de constater que si je comprends beaucoup de choses, et si je savais déjà mettre du temps à les comprendre, j’aurais dû attendre avant de m’exprimer sur la question. Et surtout le mieux en effet est de ne pas trop en dire. Je me réfère ici surtout à l’idée des « héros » des blancs, etc. Si j’admire parfois je ne suis jamais « fan » mais ce que je me suis souvent déjà dit c’est que je ne connais pas en effet les écrivains de culture(s) africaine(s), et d’autres « étrangers »assez peu aussi. J’aime beaucoup la métaphysique, l’ontologie, etc., – et j’ai même longuement travaillé autour de la question algérienne (années 50-60) pour un travail d’écriture personnel – et bien évidemment les très nombreux ouvrages lus ne sont que des ouvrages de blancs dans tous ces domaines, ce qui valide vos analyses. Je rejoins l’idée que le mieux est de laisser les « racisé-e-s » en parler car concerné-e-s au premier chef. Si je ne reconnais pas la notion de races dans la nature biologique humaine, elle existe malgré tout de façon culturelle, historique… et les heurts qui vont avec […].
    Je pourrais continuer mais vais arrêter là. J’espère que vous pardonnerez mes réactions trop hâtives qui là portent un coup à mon ego, commises je vous assure, surtout par un problème de cogito au départ ; me pardonnez non pas pour me soulager moi, mais pour vous enlever un peu d' »angry » par ma faute.
    Il semble qu’il existe peu de livres en français sur la question ?! Serais preneur, sinon je regarderai du côté des publications anglophones.
    En vous souhaitant une belle fin de semaine, une citation tirée du livre dont je vous parlais plus haut : « Comme le rappelle Judith Butler, c’est toujours en tant que « femme » ou « homme », « juif », « homosexuel », « noir » ou « chicana » que l’interpellation se produit selon sa propre rationalité productrice. »
    Sincèrement,
    M.

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour !

      Je dois avouer que je suis aussi surprise qu’enchantée par votre commentaire.

      Concernant les livres, je n’ai pas bien compris quels sont les sujets qui vous intéressent ?
      Quoi qu’il en soit, je ferai une compilation de ce que je trouve autant en français qu’en anglais dans un billet de blog pour plus de simplicité.

      En tout cas merci pour votre retour (dans tous les sens du terme).

      À bientôt.
      AVB

      Aimé par 1 personne

  5. Merci grandement pour ce blog, ça fait du bien de lire des discours critiques du véganisme apolitique mainstream. J’avais également lu un zine appelé «complicating veganism», ça m’avait réchauffé le coeur et le cerveau, car on y abordait le véganisme et ses liens avec le classisme, le colonialisme et les troubles alimentaires. J’ai soif d’intersectionnalité de luttes pour les animaux non-humains qui tiennent compte des autres oppressions et qui se veulent dans une perspective de justice sociale.
    Je viens juste de partager votre billet sur le véganisme et la précarité sur la page Facebook des végés du Québec et évidement quelques minutes après le premier commentaire me dit que les légumineuses, le riz, les légumes et les pâtes sont plus abordables que les produits d’animaux (on sent bien qu’il a pas du tout lu l’article 😛 ).
    Merci et continuez!

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  6. Ok tu as refusé de publier mon commentaire et je t’en remercie parce que j’en ai honte tu n’imagines pas à quel point!
    Hier je suis tombé sur un post de 269life qui explique pourquoi ils annulent leur participation à la journée du 10 mais (Journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage) suite à un dialogue avec le CRAN qui pointait du doigt le caractère plus que problématique de cette démarche. Je n’étais pas au courant de l’existence de cette action et je découvre avec horreur qu’il est habituelle pour les association anti spéciste d’instrumentaliser et de s’approprier le combat anti raciste, dans un but de « convergence des luttes », mots qui deviennent ici un outils d’oppression supplémentaire.
    Je me rend compte en voyant les réactions que cette annulation à suscités que beaucoup de végans blancs trouvent normal d’agir ainsi et accusent même les végans racisés d’agir contre la cause animal en exprimant leur désaccord … je suis hallucinée et dégoutée par ces mots et je n’ose pas imaginé la colère que les personnes victimes de racisme au quotidien et impliquées dans la lutte anti spécisme peuvent ressentir face à ça!..
    En remettant en question la pertinence de tes propos sur cette question j’ai été malgré moi l’agent du racisme et de l’odieuse récupération dont les mouvements antispécistes blancs se rendent coupable et j’ai affreusement honte!
    J’ai laissé mes désaccords avec toi sur les questions de véganisme (je pense toujours que montrer aux gens les conditions d’élevage et d’abattage ne relève pas de la culpabilisation mais d’une conscientisation, par exemple) empiéter sur le respect qui est dût à ton combat, et je me suis rendu coupable d’oppression…J’ai parlé trop vite, je n’ai pas assez réfléchie avant d’ouvrir ma grande gueule et je m’excuse platement.. je devrais savoir que quand un personne victime d’une oppression dont je ne suis pas victime m’explique quelque chose concernant cette oppression c’est qu’elle sait mieux que moi de quoi elle parle…
    J’espère ne pas avoir été responsable d’une énième micro agression dans ta journée.. sûrement que si.. pardon, vraiment!

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    • D’abord, je n’ai pas refusé mas les commentaires sont soumis à validation de ma part. Il est rare que les commentaires que je reçois finissent à la corbeille, les cas d’agression étant peu fréquent.

      Je ne validerai pas le commentaire incriminé du coup, vu que vous êtes revenue dessus. je vous en remercie d’ailleurs.

      Bien à vous.

      J'aime

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