[Dossier] De la comparaison entre élevage et esclavage – 2

De l’hypocrisie de celleux qui refusent de reconnaître ce pan de l’histoire humaine mais qui aiment à s’en servir pour leur cause

Voici la seconde partie sur trois qui porte sur les problèmes existant dans la comparaison entre esclavage et élevage. [La première partie est ici].

D’abord, une citation pour remettre dans le contexte :

À force de reprendre des concepts bêtement, je me vois dans l’obligation de faire un petit rappel historique : l’économie de plantation, mise en place dans les territoires colonisés aux Amériques et basée sur l’esclavage des NoirEs, fut un système impitoyable où la plantation formait un véritable camp de concentration c’est-à-dire un lieu fermé où une population noire, déportée d’Afrique, y était regroupée, parquée afin d’y être exploitée jusqu’à la moelle épinière, subissant les violences arbitraires, les humiliations et la haine. Sans omettre le lavage des cerveaux, l’effacement des identités culturelles et la stigmatisation distillée, inculquée, rabâchée. C’est dans ce climat d’animosité quotidienne, d’oppression suffocante et aliénante, que la majorité des NoirEs a dû développer diverses stratégies pour ne pas péter les plombs ou se suicider, pour survivre tout en faisant en sorte que cette existence se rapproche le + de l’humanité qu’elle méritait.

https://manychroniques.wordpress.com/2015/05/24/transmettre-la-memoire-et-lhistoire-de-lesclavage-un-defi-politique-primordial-partie-1/

En plus de ce qui a été soulevé dans l’article précédent, un des problèmes fondamentaux de la comparaison entre élevage et esclavage a été soulevé dans un précédent article : elle sous entend que le racisme est un combat du passé, ou au mieux que sa lutte est active et suffisamment efficace pour que l’on puisse ne pas s’en préoccuper outre mesure, moins que le spécisme en tout cas.
Cette comparaison laisse aussi à penser qu’il y a un parallèle clair qui lie esclavage et élevage et que les idéologies et leurs applications sont les mêmes.

Vilains esclavagistes !

Vilains esclavagistes !

Enfin, c’est encore une fois comparer les noirs à des animaux.
Et non, ce n’est pas spéciste de voir d’un mauvais œil ce type de comparaison parce qu’il y a une idéologie, une histoire, une politique derrière cette comparaison qui ne saurait être balayée d’un revers de la main pour faire place nette à la lutte pour la libération animale.
Même si, scientifiquement, ça a un sens de dire que nous sommes des animaux, le contexte, la politique, l’histoire changent totalement la donne. On ne peut pas faire abstraction du fait que nous vivons dans une société – entre autres – spéciste et raciste. On ne peut pas non plus faire abstraction du fait que les esclaves d’Afrique ont été longtemps considérés, dans la perspective séparatiste entre l’espèce humaine et les autres, comme une sorte d’hybride mi-humaine, mi-animale fondamentalement inférieure aux blanc-he-s, à qui l’on a nié leur identité, toute forme de volonté propre et même leurs souffrances, quelle qu’elle soit.
Au passage, il n’appartient qu’aux racisé-e-s de décider de quand, avec qui, dans quel contexte, avec quel message on accepte de parler de soi en tant qu’animal.

Une histoire niée

De plus, la comparaison entre élevage et esclavage participe au négationnisme forcené qui a cours vis-à-vis de cette question. Entre les personnes qui veulent à tout prix faire croire qu’il n’y a pas eu tant d’esclaves que ça, (le nombre de morts déterminant l’importance d’une cause…), et les personnes qui refusent d’en voir les conséquences actuelles et bien visibles aujourd’hui dans l’organisation actuelle de la société française, je pense qu’il y a un chemin très long à parcourir avant même d’envisager de prendre la traite des noir-e-s comme simple agent de comparaison uniquement utilisé pour choquer ou « ouvrir les yeux des omnivores » ; ces mêmes omnivores (tout comme beaucoup de véganes) qui tiennent souvent leurs yeux bien fermés s’agissant du racisme, c’est une vaste blague de s’imaginer que ça puisse être pertinent et utile.

En France, la question de l’esclavage se heurte à de fortes résistances quant à sa reconnaissance en tant que crime de masse, même si la traite des négrière a été reconnue comme étant un « crime contre l’humanité », il reste des personnes pour minimiser ce pan de l’histoire, essentiellement dans une volonté parfois non dissimulée de garder intacte l’image de grandeur que la France est censé avoir ; or la grandeur de la France ne saurait être entachée d’une part aussi sombre que celle-ci.
Rappelons que l’esclavage, ce sont des millions de déporté-e-s, autant de morts, un déracinement, une déculturation de populations entières. Et justement, ces personnes ont été utilisées pour construire la « grandeur » même de pays comme la France. Pour ce que j’en sais, ce n’est pas vraiment le cas de l’élevage.

Louis XIV, celui par qui tout a commencé

La traite des noir-e-s a commencé sous son règne et il a signé le Code Noir. Le saviez-vous ?

Un point de vue végane biaisé

Pour en revenir au sujet de base, et à l’objection selon laquelle je parlerai (encore une fois : cf. article « Même chose, même combat ? ») il serait spéciste de dénoncer les comparaisons entre élevage et viol, esclavage et génocide des juif-ve-s.

Dans les faits, il ne s’agit pas forcément (même si ça arrive, je ne vais pas le nier) d’affirmer que l’on est « supérieur-e-s » aux vaches, lapins, dindes ou autres quand on refuse d’être assimilé-e-s aux autres espèces du règne animal mais bien de souligner que, qu’on le veuille ou non, nous ne sommes pas des veaux, vaches, cochons ou autres moutons. Il s’agit de souligner le fait que nous sommes des individus autonomes qui n’avons pas besoin de « sauveur-euse-s » pour parler à notre place. Et même si globalement, le terme trop englobant d’animaux est fortement rejeté, c’est peut-être aussi et surtout parce qu’il nie très fortement les spécificités de chaque espèce, dont l’espèce humaine, qu’elle mélange un peu trop des situations qui sont sans commune mesure les unes avec les autres : de la même façon que l’on ne peut comparer le sort d’un chat domestique à celui d’un orque de delphinarium, il n’y a rien en commun entre un-e noir-e esclave et une poule pondeuse. Et c’est sans compter qu’elle continue encore et toujours d’invisibiliser le racisme systémique, de faire comme si celui-ci était de l’histoire ancienne dont on n’a pas à se préoccuper outre mesure (ne l’ai-je pas déjà dit ?…).
Et même dans le cas où il s’agit surtout de dire : « Nous ne sommes pas des animaux parce que nous valons mieux qu’eux », le spécisme de cette phrase n’est e aucun cas une excuse pour se comporter de façon raciste (comme ici par exemple) !
Il y a quelque chose qui relève du traumatisme dans les comparaisons entre les noir-e-s et plus généralement aux racisé-e-s et les animaux. C’est ce qui, avec force lois,  organisations sociales, discriminations et oppressions ainsi qu’avec les représentations que se sont fait le monde des noir-e-s et des juif-ve-s (et même des femmes racisées ou non) que l’on a justifié l’esclavage et même la Shoah.
On doit lutter contre le spécisme sans renforcer le racisme ! J’ajouterai même que l’excuse du spécisme est bien pratique pour être raciste tout en se donnant bonne conscience.

Je veux bien pardonner le racisme mais

Je veux bien pardonner le racisme mais ma limite est la cruauté envers les animaux

Il n’y a rien de spéciste à souligner que les comparaisons complètement dénuées de sens, de réflexion approfondie et se contentant uniquement de la surface et de définitions vides et uniquement formelles sont ce qu’elles sont : ineptes et sans intérêt.
Car on se contente de dire : « C’est pas bien parce que c’est de l’esclavage » mais qu’à côté de ça, il n’y a pas de réflexion approfondie sur le sort des espèces concernées par ce que l’on prétend être de l’esclavage, encore une fois en les mettant toutes dans un même panier. La question est bien plus complexe. Mais pour faire simple, je pense que s’il y avait des mouvements militants au sein de fermes d’élevage, il y aurait des groupes non-mixtes cochons, d’autres pour les poules pondeuses, et encore d’autres pour les vaches laitières par exemple parce qu’il y a des spécificités dans leur vécu, même si tout le monde termine à l’abattoir.

Enfin, ces comparaisons, ironiquement, mettent l’humain au centre de la problématique. Pire encore, elles prennent toujours les personnes déjà dominées au sein des oppressions inter-humaines comme objet dépolitisé (concernant le véganisme : les personnes victimes de viols, souvent des femmes et des trans ainsi que les juif-ve-s et les noir-e-s), en ne prenant absolument jamais en compte leur parole, leurs objections, leur souffrance. Ironique encore quand on se targue d’être des personnes sensibles à la souffrance d’autrui !
Mais peut-être faut-il que nous nous taisions et leur laissons toute la place et la parole afin qu’iels puissent bien confortablement lutter comme iels le veulent, quitte à renforcer des oppressions existantes entre les humains et même en s’appuyant parfois sur les oppressions sur les espèces non-humaines, mais ceci est une autre histoire.
Pour faire court, il est machiste et raciste (négrophobe et antisémite) de prétendre que les gens qui objectent contre ces comparaisons sont dénuées de capacités de réflexion et de recul. J’oserai même parler de suprématie blantriarcale pour qualifier cette attitude.

S.O.S. Racisme de la cause animale

En somme, ce genre d’antispécisme, c’est le SOS Racisme de la cause animale : paternaliste, hautain, hypocrite et suprémaciste BBB : Blanc Bourgeois, Bobo (©OcéaneRoseMarie), tout en prétendant « aider » les personnes concernées (les noir-e-s, les femmes, les juif-ve-s, les LGBT…) mais sans avoir quoi que ce soit à faire de leur ressenti véritable, de leurs vies, de leurs réflexions propres…

De plus, il y a encore et toujours ces personnes qui estiment que ce sont les personnes victimes de ces discriminations au sein même du mouvement antispéciste qui mettent ce dernier en danger (mais les réacs de tout poil ne posent aucun problème ! Ils sont très acceptables ces gens-là quand ils font semblant de s’occuper de la question animale pour gagner des voix en s’appuyant sur du racisme plus ou moins dissimulé !). Quoi qu’il arrive, c’est toujours de la faute des victimes n’est-ce pas ?

Proverbe raciste

Le fait d’exiger que les personnes blessées, humiliées, attaquées par des propos racistes, lesbophobes, transphobes, misogynes et j’en passe qu’elles se taisent afin de laisser tranquille la cause animale et les pourvoyeur-euse-s de ces agressions est plus que tout ce qui contribue à faire fuir les personnes touchées par ces discriminations au quotidien du mouvement anti-spéciste. Du coup, le mouvement anti-spé reste quasi-exclusivement blanc hétérocis de classe moyenne et valide et à mon avis exclusivement chrétien/athée. En France, du moins.

La conséquence de tout ceci est que la dénonciation de tout propos ou acte problématique, tel que ces comparaisons ineptes, est ignorée, minimisée ou niée quand cette dénonciation ne provoque pas de réactions de défense qui peuvent mettre les personnes dominées concernées dans une position très difficile : elles subissent l’injonction à se taire sous peine de faire face à une violence qui ne fait que croître à mesure qu’elle continue à dénoncer les problèmes qu’elle souligne.

Que faire alors ?

Il est dont important de cesser de faire ce type de comparaison pour commencer à avoir une véritable réflexion spécifique et pertinente sur ce que vivent les espèces exploitées, violentées et réifiées (objectifiées) sans passer par l’anthropomorphisme qui appauvrit voire bloque toute réflexion concernant le sort des espèces non-humaines.

À lire : Je suis un·e animal·e par Po Lomami

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9 réflexions sur “[Dossier] De la comparaison entre élevage et esclavage – 2

  1. Bonjour,

    Je trouve votre article très intéressant et vous en remercie.
    Ne tombez-vous pas néanmoins dans un propos globaliste ? – savoir : « Les végans, antispécistes, qui font l’analogie entre condition animale et exploitation(s) humaine(s) ignorent (méprisent) les « minorités » concernées, leur histoire, les faits objectifs de leurs existences, etc. En effet, le cœur du mouvement vegan est justement de mettre fin à toutes formes de discriminations, d’ostracisations, etc. comme le racisme, le sexisme, l’âgisme, …. Peut-être que certains de ceux que vous dénoncez sont vraiment tels quels, mais il me semble que ça n’est pas la majeure partie, loin de là. Il est vrai qu’on voit parfois sur les réseaux sociaux des gens tenir des propos pro-animalistes et en même temps se rallier à des pseudo-idées flirtant avec la fascisation. Pour notre part nous préférons masquer leurs posts que nous abhorrons. Difficile de savoir quelle histoire personnelle (rejets, frustrations, mal-être) ils vivent, même si leur dérive est inexcusable, elle peut en tout cas sans doute s’expliquer, et nécessiterait d’être « soignée » au sens du care.

    Bref, selon mes humbles connaissances, ce que vous pointez du doigt n’est pas lié, prima facie, à l’éthique initiale du mouvement vegan, antispéciste, abolitionniste, qui justement s’inquiète du sort des animaux tout en le sachant du même acabit que ce qu’à « produit » la prétendue supériorité patriarcale blanche occidentale à l’encontre d’autres humains.
    Brian A. Dominick a écrit un bon texte là-dessus en 1995, mais vous le connaissez probablement déjà. En voici plus bas un lien mis de côté par nous.

    Pour moi, faire un lien entre les noir(e)s et les animaux, c’est à dire montrer le système oppressif, coercitif et violent qui s’est exercé sur eux et s’exerce encore, ça n’est pas dire que les noir(e)s et les animaux sont les mêmes. C’est dire que le sort qu’on leur réserve est fort semblable, injuste et immoral et qu’il doit cesser. Quand on voit des petits enfants d’Afrique squelettiques et proches de la mort, alors qu’on spolie les terres arables du « Tiers Monde » pour nourrir de céréales mono-cultivées les animaux torturés surconsommés par les classes pauvres des pays riches à en devenir malades puis gâvées de pharmacopée tout en ruinant les Etats, je fais une connexion et je ne crois pas qu’elle soit uniquement mentale mais qu’elle est vraie; c’est La réalité.
    Si le constatant, le disant, et étant devenant végane pour aller contre, je suis mis dans un même panier de gens taxés globalement d’hypocrites, alors ou bien je suis tout ça et je l’ignore, ou bien je devine l’avoir (historialement) été malgré moi et j’agis de mon mieux pour changer, ou bien c’est encore un peu plus subtil que ça et vous aussi produisez votre propre clivage, une sorte d' »autrisme ». Nous avons un ami congolais qui est devenu végane. Comment est son racisme à lui dans les conditions que vous décrivez pour « garder bonne conscience ».

    J’adhère à vos idées; svp ne faites pas une reductio ad hominem et fourre-tout de ce que je m’efforce de changer de paradigme humaniste.
    Très cordialement,
    M.

    https://kmlesveganautes.wordpress.com/2015/03/23/revolution-sociale-et-liberation-animale-texte-integral/

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      • Oui; mais peut-être que je n’en ai pas saisi le sens et que je me suis mal exprimé en commentant.
        Bref, pour moi pas besoin d’être afro ou juif pour se sentir concerné et trouver certaines analogies pertinentes, ni devoir culpabiliser pour ce qu’on n’a pas fait soi-même. Elles restent (les analogies) des comparaisons entre circonstances et non entre individus (humains / non-humains), auquel, au pire (…), comparer un animal à un humain n’est pas grave et vice versa.
        Le fond de l’engagement vegan c’est bel et bien la fin des discriminations inter-spécifiques et l’oppression qui va avec.
        Bonne fin de semaine.
        M.

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  2. Je lis cette suite de billet avec grand intérêt (j’attends impatiemment la troisième partie).

    J’ai quelques questions (je précise que je suis blanche et végane) :
    – Je comprends avec les explications que vous donnez (et celles d’autres bloggueurs/ses) ce qui est gênant avec les comparaisons hâtives, celles qu’on peut trouver sur le Net et qui consistent en deux images côte à côte et seulement quelques mots (donc aucun approfondissement ni aucune précaution). Mais, comment considérez-vous le livre Un Éternel Treblinka de Charles Patterson, qui fait en revanche des parallèles que j’ai trouvé extrêmement pertinents entre les oppressions entre humains et celles que nous faisons vivres aux animaux, et qui fait intervenir le point de vue de plusieurs Juifs sur la question (je ne sais pas si vous avez lu le livre, c’est difficile de le résumer en quelques mots) ?
    -Faudrait-il simplement être plus précautionneux lorsqu’on dresse des parallèles ou pensez-vous qu’on ne devrait pas en faire du tout ? (Il est vrai qu’il n’y en a pas forcément besoin de toutes manières.)
    -Faudrait-il que seules les personnes concernées (noir-e-s, juifs/ves…) se permettent d’aborder ce sujet ?

    Merci d’avance.

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour,

      Désolé•e pour la réponse tardive.

      Concernant Un éternel Treblinka, je ne l’ai pas lu, donc je ne peux en parler. De toute façon, n’étant pas juive, je doute que mon point de vue soit pertinent en la matière. Mais un article sur la comparaison avec la shoah est en préparation et vous pourrez poser cette question à ses auteur-ices. 🙂

      Ensuite, je pense qu’il est nécessaire de prendre des précautions voire, dans l’idéal, les éviter et laisser aux personnes concernées (afro-descendantes et juives) le soin de trouver les angles qui leur conviennent si elles estiment que les comparaisons avec l’esclavage et la Shoah sont pertinentes.

      J’espère avoir répondu à tes questions 🙂

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  3. Je viens de me faire vivre d’un groupe facebook de recettes vegan où on faisait une comparaison abjecte entre élevage et traite des noirs. J’ai juste rappelé à une des admin d’être vigilante par rapport à ce genre de propos. Résultat des courses : la porte.
    Donc oui il faut faire attention au mouvement vegan, certains sont tellement dans l’extrême dans la cause animale, qu’ils en viennent à raconter des conneries monumentales et à faire le jeu de l’extrême droite ………..

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  4. Merci infiniment !!! Je parcours ce blog, je suis enchantée d’ENFIN trouver une pensée si limpide, complète parce que moi je n’en peux plus de cette comparaison en tant qu’afro-descendante végane, de personnes esclavagisées. J’aime aussi les autres articles qui montrent à quel point sont liées les oppressions, mais quelles sont les limites des analogies. Votre travail formidable. Je ne manquerai pas de citer ce blog et ses réflexions si pointues et riches dans chaque future situation où j’aurai à combattre ces bullshits made in blanchité végane.
    Merci.

    Aimé par 1 personne

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