Angela Davis sur les droits des animaux

Angela Davis a parlé récemment de véganisme et de droits des animaux, et quand c’est Angela Davis qui en parle, tout de suite, ça passe mieux ! La vidéo est disponible ici. En voici une transcription suivie d’une traduction — merci à Antoine et à Jules pour leurs améliorations 🙂


I am really interested in the work that you’re doing around food, because I think that that is one of the next major arenas of struggle. I am sometimes really disappointed that many of us can assume that we are these radical activists but we don’t know how to reflect on the food that we put in our own bodies. [Applause.] We don’t realize the extent to which we are implicated in the whole process of capitalism by participating uncritically in the food politics offered us by the great corporations.

I usually don’t mention that I’m vegan, but that has evolved. I think it is a right moment to talk about it, because it is, I think, a part of a revolutionary perspective. How can we, not only discover more compassionate relations with human beings, but how can we develop compassionate relations with the other creatures with whom we share this planet ? [Applause.] 

And that would mean challenging the whole capitalist industrial form of food production. [Applause.] It would mean being aware, driving up the inner states, driving down five, down to LA, seeing all of the cows, all of the ranges…you know, most people don’t think about the fact that they’re eating animals. When they eat a steak, or eat a chicken, most people don’t think about the horrendous suffering that those animals must endure simply in order to become food products to be consumed by human beings.

 And I think that the lack of critical engagement with the food that we eat demonstrate the extent to which the commodity form has become the primary way in which we perceive the world. We don’t go further than what Marx called the exchange value of the actual object. We don’t think about the relations that that object embodies, and that we’re important to the production of that object, whether it’s our food, or our clothes, our Ipads, or all of the material we use to acquire education and institutions like this. I think that would really be revolutionary to develop a kind of a habit of imagining the relations, the human relations, and the non-human relations, behind all of the objects that constitute our environment.


Je trouve très intéressant le travail que vous menez à propos de la nourriture, parce que je pense que cette question est en passe de devenir l’un de nos grands champs de bataille. Il m’arrive d’éprouver une réelle déception en voyant que, si nous sommes nombreux.ses à nous poser comme des « militant.e.s radical.e.s », nous n’en sommes pas moins incapables de réfléchir à la nourriture que nous mettons dans nos propres corps. [Applaudissements.] Nous ne nous rendons pas compte d’à quel point nous sommes intégré.e.s au fonctionnement global du capitalisme, par notre participation sans recul critique aux politiques alimentaires que les grandes entreprises nous offrent.

En général, je ne mentionne pas mon véganisme, mais cela a évolué. Je pense que le moment est approprié pour en parler, car il fait, je crois, partie intégrante d’une perspective révolutionnaire. Comment pouvons-nous explorer des modes de relation plus empathiques, non seulement avec les êtres humains, mais également avec les autres êtres avec lesquels nous partageons cette planète ? [Applaudissements.] 

Cela impliquerait de mettre en cause globalement la forme capitaliste et industrielle de la production agro-alimentaire. [Applaudissements.] Cela voudrait dire être conscient.e, en roulant à travers les États, en traversant cinq États jusqu’à Los Angeles, en voyant toutes les vaches, toutes les prairies… vous savez, la plupart des gens ne pensent pas au fait qu’iels mangent des animaux. Quand iels mangent un steak, ou un poulet, la plupart des gens ne pensent pas aux souffrances épouvantables que ces animaux ont enduré simplement pour devenir des produits alimentaires destinés à être consommés par des êtres humains.

Et je pense que le manque d’engagement critique vis-à-vis de la nourriture que nous mangeons met en évidence à quel point nous en sommes venu.e.s à appréhender le monde avant tout sous forme de marchandises. Face à un objet donné, nous n’allons pas au-delà de ce que Marx appelait sa valeur d’échange. Nous ne pensons pas aux relations enveloppées dans cet objet, ni à notre importance pour la production de cet objet. Ceci vaut pour notre nourriture, nos vêtements, nos Ipads, ou tout le matériel que nous utilisons dans notre système éducatif, ou dans d’autres institutions. Je pense qu’il serait vraiment révolutionnaire de développer une sorte d’habitude de nous représenter les relations, humaines et non-humaines, derrière tous les objets qui constituent notre environnement.

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